L’aventure de La Tiramisserie commence en 2023. Alors salariée dans un cabinet de conseil, Tracy Sadoun développe son concept en parallèle de son activité professionnelle. « Je faisais les tiramisus le soir et je les vendais sur les réseaux sociaux, raconte la fondatrice. Nous avons ensuite eu de nombreuses demandes de clients qui voulaient savoir où trouver nos produits. Nous nous sommes dit qu’il y avait une vraie demande et que ce serait dommage de passer à côté. »
Une première boutique ouvre alors à Paris, dans le 17e arrondissement, avant une deuxième implantation dans le 4e, à proximité de la place des Vosges, l’année dernière.
Un concept 100 % tiramisu
« Le principe de La Tiramisserie, c’est un bar à tiramisu. Je ne fais que des tiramisus, avec plusieurs saveurs et une édition limitée chaque mois, explique Tracy Sadoun. Cela permet de renouveler régulièrement l’offre et d’éviter que nos clients ne se lassent. »
Les éditions mensuelles permettent ainsi à l’enseigne de tester de nouvelles déclinaisons et de s’adapter aux saisons. Glace au tiramisu pendant l’été, tiramisu aux fruits de la passion ou encore œufs de Pâques fourrés au tiramisu : la fondatrice entend exploiter son produit sous différentes formes.
La Tiramisserie propose également une offre de boissons avec un espace coffee shop : matchas, tiramisu latte, iced latte, sodas et jus. Le tiramisu individuel est vendu 4,90 euros, tandis que des coffrets de quatre ou six portions permettent de proposer le produit à partager. Le panier moyen atteint ainsi 24 euros.
Tracy Sadoun voit dans ce positionnement mono-produit une tendance de fond. Selon elle, les consommateurs cherchent de plus en plus des spécialistes capables de proposer un produit sous toutes ses formes. « Je pense qu’il y a eu un changement dans la consommation, surtout en France. Aujourd’hui, quand un consommateur a envie de quelque chose, il veut le trouver sous sa meilleure forme », estime-t-elle.
Crédits : La Tiramisserie.
Un modèle adapté aux petites surfaces
Avec ses boutiques de petite taille (au moins 30 m²) et ses faibles contraintes techniques, La Tiramisserie entend aussi faciliter l’implantation de ses futurs franchisés. « Il ne faut pas forcément une très grande cuisine. Il n’y a pas de cuisson ni d’extraction nécessaire », explique Tracy Sadoun.
L’enseigne cible en priorité les emplacements entourés de bureaux, d’écoles et de familles. Une clientèle qui se retrouve à différents moments de la journée, que ce soit à l’heure du déjeuner, du goûter ou en fin de journée. La boutique située près de la place des Vosges accueille, elle, davantage de touristes et de personnes de passage.
Un modèle qui semble déjà avoir fait ses preuves dans le premier point de vente. Celui-ci a généré 800 000 euros de chiffre d’affaires lors de sa première année et devrait atteindre environ 700 000 euros cette année, selon la fondatrice. « Nous avons été rentables la première année », précise-t-elle.
Jonathan Anguelov investit et accélère le projet
À l’origine, Tracy Sadoun envisageait de poursuivre le développement de La Tiramisserie en propre avant de se tourner vers la franchise. Mais son passage dans « Qui veut être mon associé ? » a changé ses plans. « Avant l’émission, nous envisagions encore d’ouvrir une petite dizaine de boutiques en propre. Je ne pensais pas que nous avions la légitimité de franchiser sans avoir un nombre minimum de boutiques », explique-t-elle.
Lors de son passage dans l’émission diffusée le 15 janvier 2026 sur M6, la fondatrice a reçu plusieurs propositions des investisseurs. Jonathan Anguelov s’est finalement engagé aux côtés de La Tiramisserie avec un investissement de 230 000 euros pour 10 % du capital.
Surtout, le passage à la télévision a généré un nombre important de sollicitations de candidats à la franchise. « Au lieu de recevoir énormément de commandes comme je le pensais, j’ai surtout reçu beaucoup de demandes de franchise », raconte Tracy Sadoun. L’équipe a alors consacré six mois à structurer le modèle franchisé.
L’enseigne a travaillé sur un système permettant aux franchisés de commander leurs matières premières auprès d’un fournisseur unique, avec une livraison rapide partout en France. Un site doit également leur permettre de commander décoration, matériel, éléments de cuisine, menuiserie ou encore packaging.
Crédits : La Tiramisserie.
Une cinquantaine de points de vente à l’horizon 2030
La Tiramisserie a lancé officiellement son recrutement de franchisés. Trois candidats ont déjà trouvé et signé leur local, tandis que six autres sont en recherche d’emplacement. A noter que le réseau recherche avant tout des entrepreneurs capables de s’investir pleinement dans leur projet. Une expérience préalable dans la restauration ou l’entrepreneuriat est appréciée, mais n’est pas indispensable. « Il faut vraiment avoir conscience que l’on prend La Tiramisserie comme un projet à part entière et pas juste comme une activité parallèle », insiste Tracy Sadoun.
Pour rejoindre le réseau, les droits d’entrée s’élèvent à 15 000 euros. Les franchisés devront ensuite verser 6 % de royalties et 1 % au titre du marketing. L’investissement lié aux travaux, à la menuiserie et au matériel est estimé entre 70 000 et 80 000 euros.
Après une troisième et dernière boutique en propre, actuellement en préparation, Tracy Sadoun entend consacrer l’essentiel de ses efforts au développement en franchise. L’international est également envisagé, mais la fondatrice souhaite d’abord consolider le réseau français. « J’aimerais qu’avant la mi-2027, nous ayons au moins une quinzaine de franchises signées, même si elles ne sont pas encore ouvertes. Et à terme, en 2030, nous aimerions en avoir entre 50 et 60 », projette Tracy Sadoun.