« On se rend compte de la richesse du tissu entrepreneurial français et de sa capacité d’adaptation. C’est vraiment bluffant », indique un membre de la production. Saison après saison, Qui veut être mon associé ? s’est imposée comme une vitrine de cette diversité entrepreneuriale. Depuis son lancement, l’émission a vu défiler plus de 220 pitchs et permis à près de 120 entrepreneurs de lever des fonds, pour un total de près de 26 millions d’euros investis.
Le succès est également au rendez-vous côté audience, en particulier auprès des jeunes générations, avec 20 % de part d’audience chez les moins de 50 ans, confirmant l’ancrage du programme auprès d’un public sensible aux parcours entrepreneuriaux.
Deux nouveaux investisseurs aux trajectoires très différentes
La saison 6 marque l’arrivée de Jonathan Anguelov et Ariane Daguin au sein du jury. Cofondateur d’Aircall, startup de téléphonie basée sur le cloud devenue licorne française en 2021, Jonathan Anguelov a quitté l’opérationnel pour se consacrer à l’investissement et à l’immobilier, notamment via sa foncière Aguesseau Capital. Business angel actif, il a déjà investi dans plusieurs dizaines d’entreprises.
« Je n’ai pas beaucoup suivi les saisons précédentes, confie-t-il. Mais je suis agréablement surpris. L’émission met en avant les entrepreneurs et est positive. Même quand on n’investit pas, on apporte un feedback […] J’ai accepté de participer car je crois dans l’innovation et dans le fait que les entrepreneurs ont besoin d’argent et de visibilité pour réussir. »
À ses côtés, Ariane Daguin, fondatrice de D’Artagnan, apporte une vision issue de l’agroalimentaire haut de gamme et du marché américain. Installée à New York depuis la fin des années 1970, elle a bâti une entreprise pionnière dans la diffusion de produits fermiers et artisanaux auprès des chefs comme du grand public.
« M6 m’a contactée, et j’ai sauté sur l’occasion. Je suis une fan de Shark Tank (la version américaine du programme, ndlr), donc cela m’a plu tout de suite, raconte-t-elle. J’ai été surprise par la diversité et la qualité des entrepreneurs qui viennent sur le plateau. »
Le renouvellement du jury est récurrent dans l’émission. « On ne sait pas ce qu’il va se passer avec les nouveaux investisseurs. Si on était tous pareils, on tournerait vite en rond, ajoute Éric Larchevêque, fondateur de Ledger et investisseur depuis la première saison, qui estime que l’émission a gagné en légitimité auprès des entrepreneurs au fil des ans. Maintenant, le programme a fait ses preuves. Il est légitime pour l’écosystème entrepreneurial, de Station F à la province. »
Des entrepreneurs plus mûrs dans un contexte de financement contraint
La maturité des projets présentés est l’un des constats partagés par les investisseurs. « Les dossiers étaient pour la plupart plus aboutis. Les entrepreneurs savent davantage ce qu’ils veulent, ils sont rodés, et se font moins surprendre, observe Kelly Massol, fondatrice des Secrets de Loly. Les valorisations étaient moins surestimées cette saison. Les candidats ont bien compris que l’argent se fait rare et qu’il vaut cher. »
Cette saison mettra en lumière 54 entrepreneurs, avec un retour marqué des projets liés à la food et principalement BtoC, ainsi qu’une volonté de rester proche des préoccupations du grand public. « Nous voulons que cela parle aux Français de manière assez directe », souligne la production. Après l’expérimentation du pitch chronométré l’année dernière, la saison 6 revient à un format plus souple. « Le chrono mettait trop de pression, et ce n’était pas un combat hyper important », explique la production.
Enfin, les entrepreneurs qui s’emparent de l’intelligence artificielle sont de plus en plus nombreux. « L’IA nous aide beaucoup pour tout le formalisme qu’exige la gestion d’informations réglementaires, explique Marc Simoncini, fondateur du site de rencontres Meetic et investisseur aguerri. Je pense que l’année prochaine, les entrepreneurs candidats auront tous intégré l’IA, au même titre que la transition écologique. »
Parmi les autres investisseurs présents, on peut citer Alice Lhabouz, Anthony Bourbon ou encore Jean-Michel Karam, qui a fait son entrée dans le jury l’année dernière. Fondateur du groupe IEVA, il a notamment racheté et développé des enseignes franchisées comme L’Atelier du Sourcil et Le Boudoir du Regard. « L’un des sujets pour l’écosystème va être ‘la grande transmission’, les fondateurs seniors s’approchant de la retraite », souligne l’auteur de La réussite est en vous ! Devenez l’entrepreneur dont le monde a besoin (éditions Michel Lafon), qui paraîtra le 8 janvier 2026.
En effet, Bpifrance estime que 370 000 entreprises devraient être transmises dans les cinq prochaines années. « C’est un sujet qui va probablement être plus prégnant dans l’émission, car cela va avec l’évolution de la société », ajoute Éric Larchevêque. Un enjeu central pour les réseaux également, confrontés au renouvellement des franchisés et à la reprise d’entreprise.