L’histoire de l’enseigne est née de manière assez atypique. Ancienne greffière spécialisée en droit des affaires au tribunal de commerce de Paris, Katia Lobato met son appartement en location saisonnière à proximité immédiate du château de Versailles. Elle y associe rapidement un service de conciergerie destiné à personnaliser les séjours.
« Il y a dix ans, le concept était novateur : proposer un appartement à proximité du château de Versailles et personnaliser le séjour de chaque client », raconte-t-elle. Le concept séduit rapidement et des propriétaires la sollicitent pour gérer leurs biens. Le portefeuille s’étoffe progressivement, d’abord à Versailles, puis dans d’autres destinations grâce au bouche-à-oreille.
Alors pourquoi attendre une décennie avant de franchiser ? Pour Katia Lobato, le réseau n’était pas prêt auparavant. « Je pense que dix ans, c’est le bon timing. Pendant des années, surtout au début, j’étais beaucoup dans l’opérationnel. Je veux désormais pouvoir transmettre et donner l’opportunité à des entrepreneurs de partir d’une base qui a fait ses preuves », explique-t-elle.
Cette ouverture répond également à une problématique de développement géographique. L’enseigne est déjà présente dans plusieurs destinations touristiques, notamment à Marrakech, mais la dirigeante souhaite désormais s’appuyer sur des relais locaux. « Je ne peux pas vivre aux quatre coins du monde. La franchise me permet d’avoir des ambassadeurs qui portent notre modèle localement », résume-t-elle.
Un modèle léger pour les franchisés
Si le réseau s’appuie sur la location saisonnière, il cherche surtout à se différencier par la personnalisation des séjours. Les franchisés auront ainsi vocation à développer un réseau de partenaires locaux afin de proposer, selon les attentes des clients, des expériences sur mesure : visites privées, chefs à domicile, massages, transferts, activités de team building ou encore prestations événementielles.
Pour rejoindre le réseau, les candidats doivent s’affranchir d’un droit d’entrée de 25 000 euros. Le contrat prévoit ensuite une redevance équivalente à 10 % du chiffre d’affaires annuel, à laquelle s’ajoutent des redevances mensuelles variables selon le territoire.
Contrairement à d’autres réseaux de services immobiliers, Les Demoiselles à Versailles ne cible pas prioritairement des professionnels de l’immobilier ou de l’hôtellerie pour ses franchisés. « Je recherche avant tout un savoir-être et une sensibilité. Les compétences, elles, s’acquièrent avec le travail », affirme Katia Lobato. La fondatrice revendique une sélection exigeante des candidats, davantage fondée sur leur posture que sur leur CV.
Cette exigence s’applique également au recrutement des biens intégrés au portefeuille. « Le critère, c’est déjà le coup de cœur. Mais il est aussi relationnel. Je n’ai pas du tout envie de travailler avec des propriétaires qui ne soient pas dans les valeurs de l’entreprise », explique-t-elle.
Premières signatures et ambitions internationales
Le réseau a déjà enregistré une première signature dans les DOM-TOM. La franchisée exploitera plusieurs territoires autour de la Martinique. D’autres projets sont actuellement à l’étude, notamment en Aveyron et en Touraine. À plus long terme, Katia Lobato assume une ambition largement tournée vers l’international.
« J’ai une vraie vocation internationale. J’aimerais par exemple développer le concept aux États-Unis et y transposer notre art de vivre », confie-t-elle, tout en précisant viser en priorité des territoires à fort potentiel touristique.
Après dix années de développement essentiellement organique, Les Demoiselles à Versailles mise ainsi sur la franchise pour accélérer son déploiement tout en conservant une forte sélection des partenaires. Une stratégie qui privilégie la transmission d’un savoir-faire et d’une culture de service plutôt qu’une multiplication rapide des implantations.