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JouéClub : “Il était important de reprendre contact avec les clients”

, par Camille Boulate

L’enseigne JouéClub a rouvert l’ensemble de ses points de vente il y a quinze jours. Jacques Baudoz, PDG de l’enseigne, revient sur cette reprise d’activité et sur la façon dont le réseau a anticipé ce redémarrage.

Comment la reprise s’est-elle déroulée ?

Pour l’instant, la reprise se déroule plutôt bien. Si nous comparons la semaine du 11 mai, date à laquelle nos magasins ont rouvert, nous avons réalisé une meilleure semaine que l’année dernière. L’activité, globalement, se rapproche de ce que nous pouvons enregistrer lors d’une semaine de vacances. Nous constatons que les clients viennent dans nos magasins pour faire un cadeau à leurs enfants pour “fêter” le déconfinement. Il y a aussi un phénomène de rattrapage sur les anniversaires qui n’ont pas pu être célébrés pendant le confinement. Donc la première semaine a été pour nous positive mais nous pourrons réellement faire le point fin mai. C’est là que nous pourrons analyser correctement nos performances.

Qu’avez-vous mis en place au sein de votre enseigne pour pallier le manque de chiffre d’affaires durant le confinement ?

Nous n’avons eu aucune activité entre le 15 mars et le 15 avril. Dès cette date, nous avons mis en place un système de drive piéton et parking, en fonction du point de vente. Cela nous a permis de reprendre contact avec les clients en leur donnant tout de même la possibilité d’effectuer leurs achats. C’était très important de conserver ce lien. Cela a permis également aux collaborateurs de reprendre une activité et de préparer la reprise du 11 mai. Le click and collect a représenté 10 % du CA que nous aurions habituellement effectué.

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Quelles mesures sanitaires avez-vous déployées au sein de vos magasins ?

Il a fallu effectivement mettre en place un certain nombre de choses. Depuis quelques semaines, nous préparions le déconfinement et nous avions amorcé notre réflexion dès le début du mois d’avril pour être prêts. Nous avons par exemple commencé par trouver des approvisionnements en matériels de protection, car il était important d’avoir des masques, des gels hydroalcooliques, des visières ou encore du plexiglass pour sécuriser nos collaborateurs. La deuxième phase fut de travailler avec la Fédération du jouet et l’ensemble des acteurs de la filière pour réfléchir aux besoins spécifiques de notre secteur. Par exemple, sur la mise en sécurité de certains produits. Il en est sorti un cahier de bonnes pratiques sur lequel nous nous sommes reposés pour déployer les mesures sanitaires. Celles-ci sont assez standards. Nous avons limité par exemple le nombre de clients par magasin de manière à ce qu’il y ait 1 personne pour 10 mètres carrés. Nous avons également mis en place un sens de circulation pour éviter que les clients ne se croisent et avons réorganisé nos magasins, en condamnant certains rayons. Ce fut le cas pour les peluches, qui n’ont pas forcément d’emballage. Si un client est intéressé par l’un des produits, il faut qu’il demande aux vendeurs présents en boutique. Enfin, nous avons mis à disposition du gel hydroalcoolique pour que les clients se nettoient les mains avant d’entrer dans le magasin.

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Est-ce que le port du masque est obligatoire pour les clients ? Et pour vos collaborateurs ?

Nous n’imposons pas le port du masques aux clients. Cela est ensuite laissé à l’appréciation de nos partenaires qui sont indépendants et donc peuvent décider de l’imposer, ce qui peut être le cas dans les magasins situés en zones rouges. Pour nos salariés, le masque est en revanche obligatoire. La visière l’est également quand les collaborateurs doivent réaliser une tâche à plusieurs, comme porter un article assez lourd. Pour assurer la sécurité de nos équipes, nous avons également mis en place des arrivées et des départs décalés des équipes, afin d’éviter l’afflux de collaborateurs dans les vestiaires. C’est une nouvelle organisation.

Combien de magasins sont ouverts aujourd’hui ?

Tous nos magasins ont repris leur activité. Au début du déconfinement, les équipes ne sont pas revenues à 100 % car il y avait évidemment une incertitude sur l’activité économique. Les horaires ont été adaptés également pour éviter que les vendeurs fassent le réapprovisionnement des rayons pendant les horaires d’ouverture.

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Comment percevez-vous la reprise d’activité sur le long terme ?

Notre secteur est assez saisonnier. Et dans cette crise sanitaire, nous avons eu de la “chance” que cela arrive maintenant et pas en période de fin d’année. Car nous réalisons la moitié de notre chiffre d’affaire pour Noël. Après, cela a été deux mois de fermeture et évidemment que cela nous impacte beaucoup. Mais il faut savoir rebondir. Dans les jours qui viennent, la distribution du catalogue de printemps et la mise en place d’actions commerciales devraient redynamiser l’activité.

La crise a-t-elle impacté vos objectifs de développement ?

Nous n’avons pas revu nos objectifs à la baisse. Certains projets vont être décalés du fait des événements. Mais tous les projets sont pour l’instant maintenus et nous envisageons d’ouvrir une dizaine de nouveaux points de vente cette année.

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Camille Boulate

Camille Boulate


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