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Pics d’activité : franchisés, soyez prêts

, par Valentine Puaux

La saison estivale et le mois de septembre mettent les nerfs des commerçants à rude épreuve. Ajoutez à cela l’inflation, des tensions logistiques et le manque de personnel et vous voilà submergés. Pour envisager les prochains mois avec sérénité, suivez ces quelques bonnes pratiques…

Sans surprise, les secteurs du retail, de la grande distribution et de la restauration, traditionnellement portés par la haute et la basse saison, sont ceux qui ont le plus à prouver entre juillet et septembre. Une coutume qui mérite toutefois d’être nuancée. Ce qui était une tendance ne l’est plus puisque certains franchisés ont vécu plusieurs rentrées en une année, à cause de la Covid. Cela a bouleversé leur organisation“, souligne Sylvain Bartolomeu, dirigeant associé de Franchise Management, spécialisé dans les mécaniques de réseaux.

En effet, si les saisons hautes et basses ont encore de la valeur pour certains secteurs, elles ont de moins en moins de poids et de régularité. Ainsi, selon Sylvain Bartolomeu :

Franchiseurs et franchisés doivent apprendre à exercer leurs activités en restant constamment en veille sur les indicateurs, pour anticiper les périodes hautes et basses, même si elles perdent en lisibilité. Les effets yo-yo liés à la sortie de la crise sanitaire, mais aussi aux incertitudes économiques et géopolitiques, à l’augmentation du coût des matières, aux pénuries ont des impacts non négligeables sur les actes d’achat.“

Il s’agit donc d’un enjeu de taille pour les entrepreneurs, désormais contraints à faire preuve d’agilité en gérant les impondérables et en menant des actions en dernière minute.

Pour minimiser les aléas, Laurent Morin, franchisé de l’enseigne Columbus Café & Co (plus de 200 points de vente en France et à l’étranger) préconise de prendre un temps d’avance. Je recrute pour l’été entre mai et juin, pour que mes salariés habituels puissent eux aussi prendre des congés“, explique ce gérant de restaurant, implanté chez Marques Avenues à Romans-sur-Isère (26). Son challenge ? Maintenir le chiffre d’affaires annuel, estimé hors période Covid, à 700 000 euros et servir près de 90 tables réparties sur 150 m2 de surface, pour une fourchette moyenne de 150 à 400 passages par jour. En effet, le client passe avant tout… et il devient difficile de le satisfaire si les équipes sont incomplètes. De même, pour être efficace sur le terrain, il faudra avoir revu sa logistique bien en amont de la reprise, soit des mois auparavant. La différence est notoire et visible entre les réseaux structurés et indépendants à ce sujet… et les moins bons élèves. Les plus grands ont des espaces de stockage importants, une centrale d’achat et de référencement avec des négociation tarifaires et anticipées, par exemple“, indique Sylvain Bartolomeu, de Franchise Management.

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Un franchisé peut aussi apprendre à faire les bons calculs pour réduire les charges liées à l’exploitation. Il s’agit de gérer les horaires, la masse salariale, le renouvellement de la carte, les produits remplaçables pouvant être peu impactés par la pénurie ou encore le grammage pour sécuriser la marge : il suffit d’être méticuleux, pointe Sylvain Bartolomeu. Il faut toujours rester vigilant car sans connaître le coût des matières, on peut vite être surpris. Cela vaut aussi pour le chauffage, l’électricité ou les stocks !“ Son conseil ? Garder le nez sur les indicateurs de gestion pour ne pas déraper ! En cas de doute, le franchisé pourra toujours compter sur le franchiseur, si ce dernier sait privilégier la carte du collectif et ne pas jouer les loups solitaires en se désolidarisant des franchisés. Et Sylvain Bartolomeu de rappeler :

Respectez la relation de confiance établie entre le franchiseur et le franchisé. Il faut toujours se rappeler que le patron d’une entreprise en est aussi le client et qu’on ne peut pas capitaliser sans la force collective d’un réseau.“

Il cite d’ailleurs l’exemple de la gestion des fournisseurs : Il est difficile de s’opposer à un choix commun de fournisseurs. En cas de pénurie, le fournisseur aura des garanties de volumes. Vous ne risquerez pas d’augmentation de prix. Suivre des préconisations est, par conséquent, bénéfique !“. Ainsi, compte tenu de l’inflation, mieux vaudra s’aligner sur les décisions de ses confrères.

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Après les problématiques de gestion résolues, l’enseigne devra également savoir rayonner vers l’extérieur, avec une campagne de communication efficace. Il faut maîtriser l’arrivée des nouveautés en termes de communication ou de mise en place de promotions. Lancer une nouvelle carte, par exemple ou maitriser les logiciels, les nouvelles conditions tarifaires, etc. C’est l’occasion d’organiser une réunion de rentrée, en collectif, de partager des nouveaux produits ou des éléments de langage“, préconise l’expert de Franchise Management. Ainsi, Laurent Morin, chez Columbus Café & Co, s’informe dès à présent des communications à paraître en septembre. L’enseigne prévoit des communications pour le réseau, sur Facebook et Instagram autour de nouvelles boissons. Bien que ce soit au franchiseur de gérer la mise en place des recettes et le plan de communication pour l’ensemble du réseau, je peux aussi, si je le décide, communiquer à titre personnel pour dynamiser mon propre établissement. Mais ce sera à mes frais…“, précise le restaurateur. En somme, pour Laurent Morin comme pour tous les autres entrepreneurs, comme dirait une fable célèbre, rien ne sert de courir, il faut partir à temps.

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“Il faut toujours satisfaire la demande !“

Les frères Talabard sont maîtres-nageurs de formation et franchisés Swim Stars au centre commercial Val d’Europe, depuis septembre dernier. Ils font preuve d’une grande flexibilité pour adapter les plannings des cours de natation à l’offre et à la demande. Tout en devant composer avec une cruelle absence de maîtres-nageurs en Ile-de-France. “Dans la région, il manque près de 2000 profils. Nous avons une liste d’une quinzaine de personnes qui viennent faire des heures supplémentaires chez nous, la plupart étant auto-entrepreneurs et travaillant pour d’autres établissements aquatiques. Cependant, ils ne sont que six à venir de façon très régulière“, partage l’un des deux associés, Sébastien Talabard. Ce qui n’est pas une mince affaire à l’approche des grandes vacances : “Notamment lorsque les parents pensent qu’en une semaine ou en un mois, leur enfant sera devenu autonome dans l’eau et qu’il sera prêt pour nager en mer. Ce qui est impossible“, ajoute-t-il. Sa solution pour pallier cette pénurie de profils ? Assurer lui-même ces remplacements, à même le bassin. Cela lui permet, en plus, de promouvoir la méthode auto-rescue (exercices pour se mettre tout seul en sécurité dans l’eau) propre à Swim Stars et de proposer de la prévention contre la noyade infantile. Il espère ainsi aider la filière et ambitionne, avec son frère, de nouer un partenariat avec le Creps (Centre de Ressources d’Expertise et de Performance Sportive), pour faire de la pédagogie et avoir un pied dans la formation des maîtres-nageurs. Prochaine étape pour Sébastien Talabard ? Attendre la vague de l’automne et son lot de demandes d’abonnements pour l’hiver. Sébastien Talabard, franchisé Swim Stars à Marne-la-Vallée (77)

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Valentine Puaux


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