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Choisir son enseigne : regardez de près les concepts atypiques !

, par Camille Boulate

Quand on souhaite se lancer en franchise, le choix de l’enseigne est primordial. Mais parmi les quelques 1 900 réseaux se développant en France, il peut s’avérer compliqué de faire un choix. Naturellement, les candidats peuvent se tourner vers des secteurs classiques, comme le commerce et la restauration, et en délaisser d’autres. Pourtant, certains concepts qualifiés d’atypiques peuvent être réellement intéressants à exploiter. Explications.

Face au nombre important de réseaux se développant en franchise, il est parfois difficile de s’y retrouver. Selon les chiffres de la Fédération Française de la Franchise, il existe plus de 1 900 réseaux en France. Dans ce vaste choix qui s’offre à vous, en tant que candidat, il peut être compliqué de se décider. Vous avez peut-être déjà en tête le secteur d’activité et le type d’enseignes que vous souhaitez rejoindre. Mais avant de faire un choix définitif et de vous engager avec une enseigne, il peut être intéressant d’étudier les concepts qui sortent de l’ordinaire, dits atypiques. Classiquement, quand on regarde en détail les chiffres de la FFF, les futurs franchisés se tournent volontiers vers les enseignes alimentaires (près de 15 500 franchisés en 2020), la restauration (plus de 8 000 franchisés) ou encore tout ce qui est lié au commerce (plus de 7 000 franchisés). Pourtant, quel que soit le secteur, des concepts un peu à part peuvent s’avérer très porteurs.

Un concept atypique est une enseigne à laquelle on n’aurait pas forcément pensé de prime abord, explique d’emblée Sylvain Bartolomeu, président et dirigeant associé du cabinet Franchise Management. Ce qu’il faut regarder dans ce type de réseaux, c’est la solidité du franchiseur et si le concept a été testé et éprouvé. Analysez aussi si le savoir-faire est bien réplicable.”

L’expert cite en exemple les enseignes Repar’Stores, Attila ou encore Temporis. Autant de réseaux très spécialisés qui ne font pas forcément partie de la short-list des candidats quand ils décident de se lancer en franchise.

S’orienter vers Repar’Stores, spécialisé dans la réparation des volets roulants, ou Attila, dont le business model est le nettoyage des toitures, ce n’est pas une évidence. Les franchisés ne pensent pas à cela immédiatement. Pourtant ce sont des enseignes avec peu de concurrence et très rémunératrices”, affirme Sylvain Bartolomeu.

“Ce sont des concepts qui peuvent être effectivement très rentables, surtout lorsqu’il s’agit de prestation de services”, ajoute de son côté Caroline Morizot, fondatrice du cabinet CM Franchise. Un seul crédo donc : ne pas fermer la porte à ces enseignes qui, sur le papier, paraissent moins sexy.

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Image de spécialiste

Bien souvent, ces concepts atypiques évoluent sur un pan de marché très précis, comme on le voit dans l’immobilier. Depuis quelques années, face à l’émergence des grandes enseignes généralistes (Guy Hoquet L’Immobilier, Century 21, Stéphane Plaza Immobilier, Era Immobilier, etc.), des réseaux plus confidentiels et spécialisés sur une partie du marché émergent. On peut notamment penser à l’enseigne Espaces Atypiques, focalisée sur les biens à forte valeur ajoutée comme les lofts. D’autres réseaux, tel que L’Immobilier sans vis-à-vis se sont lancés en 2020 en franchise. Enfin, des enseignes concentrées sur le viager, comme Viagimmo et Univers Viager ont fait le pari de l’hyperspécialisation.

“Clairement, on est sur un secteur d’activité classique avec des pans de marché de niche exploitables, insiste Laurent Delafontaine, fondateur et dirigeant du cabinet Axe Réseaux. C’est dans l’air du temps et ces enseignes ont de belles croissance, portées par les attentes des consommateurs qui affectionnent particulièrement les acteurs qui sont spécialistes de leur marché. Les Français aiment avoir en face d’eux des interlocuteurs qui ont de l’expertise. C’est très rassurant.”

Univers Viager, par exemple, a été créé il y a 5 ans et vient de se lancer en franchise. L’enseigne compte d’ores et déjà 5 concessionnaires et devrait en accueillir une dizaine d’autres cette année. À terme, le jeune réseau devrait pouvoir atteindre une quarantaine d’agences. “C’est pour le moment, selon moi, le potentiel sur le territoire national. Car il faut avoir en tête que, même si le viager se démocratise de plus en plus, cela reste un marché de niche et qui ne compte, selon les estimations, que 8 000 ventes par an. Mais cela risque de prendre de l’ampleur dans les années à venir”, insiste Vincent Gibelin, fondateur du réseau. Autre jeune concept atypique, Swim Stars, créé en 2017, propose à ses futurs partenaires d’ouvrir une école de natation en passant des partenariats avec des structures privées.

Mon constat a été le suivant : l’accessibilité aux piscines et aux plans d’eau est assez simple en France. Mais a contrario, l’apprentissage de la natation n’est pas aussi aisé que cela pourrait l’être, détaille Olivier Chazot, ancien maître-nageur et fondateur de l’enseigneParallèlement, on s’est rendu compte qu’il y avait un tas de bassins inexploités. Ces piscines privées, présentes dans les salles de sport, les hôtels ou encore les résidences pour les personnes âgées, sont pourtant qualitatives.”

Face à ce constat, Olivier Chazot décide d’élaborer ses propres modules de cours de natation, des bébés nageurs aux adultes et de nouer des partenariats avec des hôtels parisiens. Dès 2017, l’ancien maître-nageur donne ses premiers cours au sein de la piscine de l’Hôtel Molitor, à Paris, qui lui permettra de nouer un partenariat d’envergure avec le groupe Accor, propriétaire de l’établissement. Ce concept atypique s’est ouvert à la franchise en 2021. Le succès fut immédiat puisque Swim Stars compte déjà une vingtaine de franchisés et souhaite en ouvrir une trentaine supplémentaires cette année. “Nous souhaitons atteindre les 150 franchisés d’ici 2023. On se dit que c’est complètement faisable car nous avons une hausse importante des demandes et les bassins inexploités sont bien présents partout”, souligne Olivier Chazot.

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Pas pour tous les profils

Tous ces réseaux atypiques cités, outre cette image de spécialiste, vous permettent en tant que candidat à la franchise de cibler des zones qui sont parfois saturées par les enseignes plus classiques et plus connues. Un avantage non négligeable quand vous souhaitez absolument vous implanter sur une zone donnée et que vous êtes peu ouverts à la mobilité géographique. Et c’est d’ailleurs cette connaissance locale des futurs franchisés qui a poussé Swim Stars à opter pour ce modèle de développement.

“Nous avons vite compris que c’est la qualité des prestations qui fait le succès de notre modèle. Et pour que cela soit assuré, il fallait des profils engagés, présents sur place et donc un savoir-faire local. Faire appel à des franchisés locaux était donc naturel pour nous”, insiste l’ancien maître-nageur.

Mais rejoindre un réseau au concept atypique n’est pas fait pour tous les profils de franchisés. On le répète régulièrement dans nos colonnes, mais la franchise c’est la réitération d’un concept éprouvé. Et les réseaux atypiques manquent parfois de recul sur l’application de leur modèle. “Le profil des franchisés sur ces concepts est souvent très particulier. Il faut avoir une appétence pour le secteur visé”, confirme Caroline Morizot. L’experte fait d’ailleurs part de son expérience personnelle. Avec son associé, Caroline Morizot a en effet lancé un concept de magasin dédié à l’équitation.

“Nous avons deux magasins en propre et amorçons la franchise. Mais cela prend un peu plus de temps car nous avons un modèle vraiment atypique qui nécessite des compétences spécifiques de la part du franchisé. Et on n’avait pas forcément cela en tête pour le recrutement des candidats”, insiste-t-elle.

Pour Laurent Delafontaine, les profils qui s’orientent vers ces concepts peu ordinaires sont assez particuliers. “Je qualifie ces profils de pionniers. Ils ont un intérêt certain pour les nouveaux concepts et ne craignent pas de prendre des risques. Ce qu’ils veulent c’est exploiter ce concept différent”, confie-t-il. Cette philosophie était celle de Didier Itzkowitch lorsqu’il a rejoint l’enseigne Univers Viager en 2020. Le franchisé basé à Lyon explique ainsi : “J’ai vu le potentiel de ce marché. Le fait d’intégrer cette enseigne, je l’ai pris comme un vrai challenge. Le marché est extrêmement porteur.” De son côté, Sylvain Bartolomeu alerte les candidats sur leurs potentielles attentes. “Si vous venez chercher un concept clé en main, éprouvé à 100 % et une marque forte, il ne faut pas forcément s’orienter vers ces concepts atypiques, d’autant plus s’ils sont jeunes en franchise.”

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Ne pas raisonner comme un consommateur

Surtout, pour bien appréhender le potentiel marché de ce type d’enseigne, le dirigeant associé de Franchise Management conseille aux candidats de ne surtout pas raisonner en tant que consommateurs.

“Il ne faut pas se demander si le modèle, le service ou le produit proposés par l’enseigne vous plaît en tant que consommateur. Il faut raisonner en tant que chef d’entreprise et se poser la question de l’activité économique qui se cache derrière ce concept. Interrogez-vous aussi sur votre capacité et votre envie à porter ce modèle. Quand vous avez cette vision-là, c’est beaucoup plus simple de se positionner sur ce type de réseaux.”

Toutefois, si les experts que nous avons interrogés dans le cadre de cet article conseillent de ne surtout pas négliger les concepts qui sortent de l’ordinaire, ils alertent sur les effets de mode. Comme la tendance du CBD. Cela ne vous a sûrement pas échappé, mais les concepts autour de ce produit fleurissent un peu partout en France.

“Ce sont des concepts où l’environnement juridique et concurrentiel n’est pas encore établi. Donc je conseillerais aux candidats d’être extrêmement vigilants. Faites notamment attention à la durée du contrat, aux investissements engagés et les conditions de sorties du réseau. Car si la tendance s’essouffle, il faut pouvoir se désengager”, insiste Laurent Delafontaine.

Un avis partagé par Sylvain Bartolomeu qui surenchérit : “Il faut se méfier des effets de mode. Le problème du CBD reste la réglementation qui pose problème et qui est changeante. Il y a aussi le risque, demain, de se faire rattraper par des gros distributeurs et de se retrouver noyé dans la masse. Il faut donc être très vigilants avant de s’engager.” “L’objectif n’est pas de signer un contrat pour le quitter en cours de route. Prenez le temps d’analyser l’enseigne, son rapport au marché et la connaissance du franchiseur”, ajoute de son côté Caroline Morizot. Ne pas s’engouffrer trop vite reste donc le maître-mot. Comme toujours quand on a un projet de franchise. Si vous avez un doute ou besoin d’éclairer certaines choses, n’hésitez pas à vous faire accompagner. Cela vous permettra de passer le cap le plus sereinement possible.

Camille Boulate

Camille Boulate


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