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Services à la personne : Un vrai jeu d’enfant ?

, par Nicolas Monier

Force est de constater que la fécondité se maintient en France et ce malgré la pandémie de Covid-19. Selon l’Insee, en 2021, 738 000 bébés sont nés, soit 3 000 de plus qu’en 2020. De même, en 2019, les Françaises ont eu le taux de fécondité le plus élevé de l’UE, avec 1,86 enfant par femme. De bons chiffres qui donnent au segment de la garde d’enfants, des perspectives intéressantes. Pour les enseignes du secteur privé, tous les indicateurs sont au vert.

Sans surprise, après le trou d’air de 2020 (-12 %) et une fois passé le rebond mécanique de 2021 (+11,5 % à 18 milliards d’euros), le marché des services à la personne repartira de l’avant. C’est du moins ce que révèle Xerfi dans une étude publiée en décembre 2021. Selon le cabinet d’études, le chiffre d’affaires du secteur devrait dépasser les 19 milliards d’euros en 2023 et passer le cap des 20 milliards d’euros en 2024. Outre le vieillissement de la population, c’est également, ce qui nous intéresse pour ce dossier, un taux de fécondité encore élevé et la hausse des prix pratiqués par les organismes de SAP qui expliquent cette santé retrouvée. “Mais c’est surtout la généralisation progressive de la contemporanéité du crédit d’impôt à compter de 2022 qui dynamisera la demande. Très attendue, cette mesure devrait également brider en partie le travail au noir (environ la moitié de l’activité du secteur en France)”, explique Xerfi. Et l’institut d’études de poursuivre :

“A tel point que le nombre d’heures travaillées déclarées entre 2021 (785 millions) et 2024 devrait augmenter, en totale rupture par rapport au déclin observé depuis 2010.”

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Crédit d’impôt instantané

Parmi les récentes bonnes nouvelles, le fait est que le crédit d’impôt instantané est désormais ouvert pour la garde d’enfants de plus de 6 ans à destination des familles “particulier employeur”. Le gouvernement a ainsi récemment choisi d’étendre les aides financières à la garde d’enfants CMG (complément de libre choix du mode de garde) jusqu’à l’entrée au collège, et non jusqu’au seul niveau CP pour les familles monoparentales. Une avancée significative pour les enseignes interrogées, même s’il est encore trop tôt pour en mesurer les conséquences sur l’activité. “Il faut reconnaître qu’il y a finalement eu très peu de communication de l’État sur ce sujet pour le moment. Le crédit d’impôt instantané, toute activité confondue, est, actuellement, connu des personnes déjà consommatrices de services à la personne, mais malheureusement peu du grand public”, nuance Sonia Vincent, responsable animation réseau et développement RH chez Vivaservices.

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Même constat pour Jean-François Auclair, directeur général chez O2 Care Services, pour qui si l’avance immédiate du crédit d’impôt est active depuis le 20 septembre 2022, le processus avec la plateforme de l’Urssaf n’est pas encore finalisé. “Nous sommes persuadés que l’attractivité autour de la garde d’enfants à domicile va s’accroître d’autant qu’au crédit d’impôt s’ajoute la Paje [prestation d’accueil du jeune enfant], délivrée par la CAF, pour les enfants de moins de 6 ans”, remarque Jean-François Auclair. On l’aura compris, il faudra donc, sans doute attendre la fin de l’année 2022 pour commencer à dégager des statistiques précises.

Nouvelle organisation de l’activité

Sans surprise, comme l’explique Xerfi, en lien avec le déploiement des réseaux et l’élargissement de l’offre, les entreprises privées continueront de gagner du terrain avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 5,5 milliards d’euros en 2024 contre 4,8 milliards d’euros pour les associations. Néanmoins, l’institut d’études note deux points noirs dans le tableau actuel : “Le travail dissimulé (qui perdurera malgré le crédit d’impôt instantané) et le recours massif au faire soi-même pour certains services (ménage, petit bricolage, jardinage…) renforcé par le poids croissant du télétravail.” N’oublions pas également la situation économique actuelle où les questions du pouvoir d’achat impacteront forcémment les foyers les plus modestes.

“La garde d’enfant est l’activité qui a subi le plus fortement les confinements et les changements d’attitude des consommateurs. Que ce soit avec la généralisation du télétravail ou avec le recentrage des familles sur l’essentiel, à savoir, le temps pour soi et ses proches”, note Sonia Vincent.

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Et la représentante de Vivaservices de poursuivre : “Aujourd’hui, la demande demeure forte car dans toutes les villes de France, il est difficile de trouver des solutions de garde régulière pour ses enfants, tous âges confondus. La garde d’enfant à domicile reste souvent une solution de dépannage, pour des parents en attente d’une place en crèche ou d’une place chez une assistante maternelle agréée.

Quid du télétravail ?

Autant dire que c’est tout un travail d’évangélisation qui est à faire par les enseignes pour mettre en avant ces solutions subsidiaires de garde à domicile. Si le télétravail a rebattu les cartes, les enseignes constatent une évolution de leur activité. Les parents s’occupant désormais de leurs enfants certains jours de la semaine. “A l’inverse, notre volume d’heures le mercredi a augmenté car le télétravail n’est pas toujours autorisé par les entreprises afin d’éviter qu’il se cumule avec la garde des enfants. L’impact se ressent donc davantage sur le mode de consommation de nos clients que sur notre chiffre d’affaires”, affirme Jean-François Auclair. Une analyse partagée en partie par Julie Schneider, directrice générale de l’enseigne Générale des Services : “La garde d’enfants est une activité indispensable pour les familles d’autant que le recours au télétravail n’est finalement pas aussi massif qu’on aurait pu le croire à la sortie des confinements.” Pour autant, la garde d’enfants à domicile n’est pas le seul segment du marché. Au sein du réseau de micro-crèches La Cabane d’Achille & Camille, les dirigeants ont abordé les confinements successifs sans difficulté.

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Nicolas Monier
Journaliste


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