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Soutien scolaire : une filière en phase d’apprentissage

, par Nicolas Monier

La pandémie de la Covid-19, le cabinet d’études Xerfi estimait que le chiffre d’affaires de son panel des enseignes leaders du soutien scolaire devait progresser de 4 % par an en moyenne d’ici 2022. Au total, le marché est estimé aujourd’hui à 2,1 milliards d’euros avec une nuance de taille : le travail au noir représente encore 70 à 80 % du secteur.

Au regard de l’impact du travail au noir, le secteur du soutien scolaire est encore loin d’être arrivé à maturité. D’autant que même la crise de la Covid-19 ne semble pas avoir fait régresser l’activité des acteurs de la filière. Chez Helen Doron, enseigne spécialisée dans les cours de langue anglaise, le choix a été fait d’organiser et de mettre en place tous les cours en ligne. “Les équipes pédagogiques de notre siège travaillaient déjà depuis plusieurs semaines sur l’adaptation de tous nos supports de cours à des formats en ligne. C’est l’avantage de faire partie d’un groupe mondial établi notamment à Wuhan [berceau de l’épidémie]. Nous avons pu bénéficier de l’expérience de nos centres chinois et italiens qui étaient passés sur des formats online plusieurs semaines avant nous”, confie Élisabeth Ruelle-Mégrelis, master-franchisée France. La marque Helene Doron compte actuellement 7 centres en France et est présente dans 38 pays. Même constat pour l’enseigne Anacours pour qui la pandémie n’a pas été un frein au développement de son activité.

“La crise de la Covid-19 n’a pas beaucoup affecté notre activité dû à un décret du gouvernement nous autorisant à basculer les cours à domicile sur des cours en visioconférence. Les familles ont ainsi pu poursuivre les cours des enfants sans difficulté”, note Jérôme Mattout, directeur du développement chez Anacours.

Et ce dernier de poursuivre : “Si notre activité a ralenti pendant le confinement, la reprise en juin et juillet a été très positive. Nous enregistrons + 26 % d’acquisition client sur cette période par rapport à N-1.” Anacours compte aujourd’hui 30 agences dont 21 franchises et 9 succursales.

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Une offre adaptée

Comme le remarque le cabinet Xerfi, “dans un contexte de défiance envers l’Éducation nationale, de dégradation du niveau scolaire moyen et de creusement des inégalités, les familles sont prêtes à dépenser un budget conséquent pour assurer la réussite de leurs enfants.” Dans un secteur encore dominé par le travail au noir, il faut cependant pouvoir se démarquer. Le prix, l’offre et la qualité restent des thématiques fortes.

“Certains acteurs cassent les prix en proposant des cours en ligne à volonté dans le cadre d’abonnement à très bas coûts. D’autres préfèrent élargir leur offre en proposant du soutien dans de nombreuses matières”, explique Élisabeth Ruelle-Mégrelis.

Rassurer les familles demeure une condition sine qua non. “S’il faut apporter de la valeur à la prestation réalisée, Anacours se développe avec des agences de proximité pour rassurer les familles. Les enseignants sont triés sur le volet (vérification des diplômes, test de recrutement, casier judiciaire, etc). Aujourd’hui, 50 % des matières demandées sont scientifiques mais il nous paraît essentiel d’être multi-matières pour répondre à toutes les demandes en soutien scolaire”, poursuit Jérôme Mattout. Certains acteurs comme O2 jouent indéniablement sur leur force de frappe en ajoutant régulièrement des cordes à leur arcs. Le soutien scolaire en fait partie. “Nous pensons que notre nouvelle offre va être pertinente auprès des clients qui nous sollicitent déjà dans le cadre de l’entretien de la maison ou pour ceux qui font appel à nous pour de la garde d’enfants. Notre ambition est de capturer, d’ici fin 2021, 1 % du marché, ce qui ferait une vingtaine de clients par agence”, explique François-Philippe Pic, directeur général d’O2

info soutien scolaire

L’enseigne a lancé une prestation de soutien scolaire pour se faire une place au sein d’une offre encore assez diffuse. Et ce dernier d’ajouter : “Nous nous sommes concentrés avant tout sur les matières scientifiques et littéraires car ce sont les principales demandes des clients. C’est aussi une vraie attente de la part de nos franchisés dont certains proposaient, à la marge, certaines prestations de soutien scolaire.” Chez ce dernier acteur, l’agence doit être multi-services. Il ne s’agit en aucun cas de proposer uniquement du soutien scolaire. Dans un marché encore à défricher, d’autres leviers de croissance sont, bien entendu, envisageables. Outre la révolution numérique, certains acteurs décident désormais de cibler le segment BtoB. “Les acteurs du soutien scolaire nouent par exemple des partenariats avec des bailleurs sociaux, des collectivités et des associations qui financent l’accès au soutien scolaire des familles jusqu’alors insolvables”, explique Xerfi. Et le cabinet de mentionner également le développement à l’international : “S’il ne concerne pour l’instant qu’une poignée d’acteurs, il ouvre des perspectives intéressantes, en particulier dans les communautés de Français expatriés ou dans les pays francophones.” 

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Nicolas Monier


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