Quand recruter son premier collaborateur ?
Deux cas de figure se posent :
1/ Le franchisé démarre seul mais, au bout de quelques mois, il a besoin de recruter pour accompagner sa montée en puissance. C’est une suite logique dans des secteurs comme la réparation à domicile, l’entretien de la maison, le courtage ou le coaching : pour des questions d’organisation et de temps, le franchisé ne peut plus gérer seul. Il a besoin d’une assistante, d’un employé polyvalent, d’un profil commercial….
Le bon signal pour enclencher le process de recrutement ? Avoir atteint un seuil de chiffre d’affaires permettant de financer le salaire et les charges liées à une embauche (charges sociales, mutuelle, poste de travail…). « Le recrutement doit être linéaire avec des paliers de chiffres d’affaires fixés à l’avance dans les prévisionnels financiers – par exemple 100 000 euros de chiffres d’affaires correspondent à un temps plein. Cet effet de seuil est généralement un bon indicateur en termes de timing », détaille Olga Romulus, experte comptable et Directrice des Relations Extérieures de Fiducial.
2/ Le franchisé doit recruter avant même de lancer son affaire, car l’activité nécessite, dès le démarrage, la présence d’un ou plusieurs collaborateurs. Ce cas de figure est très répandu dans les activités aux amplitudes horaires étendues et aux besoins de main-d’œuvre élevés, comme dans la restauration, le commerce ou les services.
Léa Perali, franchisée APEF depuis août 2023, est passée par là : « J’ai dû recruter des aides ménagères en amont de l’ouverture de mon agence, car le business model de l’activité l’exige. Je m’y suis prise cinq mois avant pour identifier les bons partenaires RH (Missions locales, agences France Travail, groupes Facebook…) capables de m’aider dans ma recherche de candidats. »
Quelles sont les étapes à respecter ?
Un process de recrutement est assez long, entre quelques semaines à un mois, ou plus. Plusieurs étapes jalonnent le parcours. Dans l’ordre, il faut :
1/ Délimiter les contours du poste : en franchise, il est du ressort du franchiseur de fournir des fiches de poste. Elles sont même présentes dans le DIP. Pour chaque poste de salarié en agence ou en point de vente, elles décrivent les compétences techniques nécessaires, le savoir-être attendu et la politique de rémunération pratiquée par le réseau. « C’est une aide précieuse qui évite les erreurs de recrutement. Lors d’une embauche, on a tendance à rechercher naturellement des profils qui nous ressemblent, alors que c’est, au contraire, la complémentarité qui fait la richesse d’un recrutement », plaide Laurence Pottier Caudron à la tête du réseau Temporis. Une complémentarité d’autant plus nécessaire si l’activité vient à grandir : le premier salarié devient souvent le bras droit du franchisé qui ouvre un second point de vente.
2/ Rédiger et publier une annonce : les réseaux proposent des modèles types et peuvent centraliser un certain nombre d’annonces sur leur site Internet. « Nous avons posté notre offre de recrutement sur l’extranet de l’enseigne. Elle a automatiquement été rediffusée sur Indeed », raconte Grégory Garnier, franchisé Cash Express qui a recruté son premier employé polyvalent fin 2023 par ce biais.
Chez Fournils de France, toutes les techniques sont étudiées pour élargir au maximum la visibilité des offres à pourvoir. « Selon les besoins du franchisé, nous l’orientons vers France Travail, nous postons les annonces sur la page Linkedin du réseau ou nous affichons les futurs recrutements en façade de magasins lors des ouvertures », mentionne Gaylor Chaudemanche, PDG de l’enseigne de boulangeries.
3/ Trier les CV et recevoir les candidats en entretien : il est d’usage de retenir cinq à six CV et de recevoir deux à trois candidats. « Le choix se fait assez naturellement. Je m’étais fixé plusieurs critères de sélection : une personne qui possède le permis de conduire et qui est véhiculée, qui habite à moins de 20 minutes de route de l’agence et qui est disponible de suite », détaille Léa Perali, franchisée APEF.
4/ Établir un contrat de travail : description du poste, fonction occupée, nature du contrat (CDD ou CDI), convention collective applicable, durée du travail, rémunération… sont des clauses obligatoires à faire figurer dans le contrat. Les pôles RH des têtes de réseau proposent la plupart du temps de relire les contrats. Une précaution, surtout pour les franchisés peu rodés au recrutement et à la paperasse qui s’en suit.
5/ Réaliser une déclaration préalable à l’embauche (DPAE) destinée à l’Urssaf et à la Sécurité sociale : qu’il s’agisse d’un CDI ou d’un CDD, c’est une obligation qui doit être réalisée au plus tôt huit jours avant la date prévue de l’embauche et au plus tard avant la prise de fonction.
6/ Procéder à l’adhésion du salarié à une caisse de retraite : le franchisé doit également affilier son salarié auprès des institutions de retraite complémentaire obligatoire. Cette formalité s’effectue auprès de l’ARRCO ou de l’AGIRC pour du personnel cadre.
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Jusqu’où peut aller l’accompagnement du franchiseur ?
Il met à la disposition des franchisés un ensemble d’outils pour faciliter le process de recrutement et leur faire gagner du temps. Dans certains cas, le parcours est extrêmement balisé. « Avant même l’ouverture de l’agence, nous passons une offre d’emploi au nom du franchisé, nous recevons les candidatures, nous effectuons une pré-sélection de CV que nous adressons au franchisé. Ce dernier peut alors réaliser les entretiens de recrutement en se basant sur une trame de questions fournie et en rapport avec notre métier. Les candidats qu’il a retenus passent, ensuite, une batterie de tests que nous analysons. Et nous restituons les résultats au franchisé », illustre Laurence Pottier Caudron de Temporis.
À la fin de processus de recrutement, le franchisé se voit proposer un dernier entretien téléphonique avec le service des ressources humaines de la tête de réseau. « Nous pouvons émettre un avis favorable, ou pas, mais le franchisé reste décisionnaire », insiste Laurence Pottier Caudron. À raison. Si le réseau est là pour aider, il n’est en aucun cas partie prenante dans le « final cut », ce qui s’apparenterait à de l’ingérence. « Le franchisé est un chef d’entreprise indépendant. C’est lui l’employeur, il conclut le contrat de travail sous sa propre identité juridique. Sa liberté est totale dans le choix des candidats, sans ingérence possible de la part du franchiseur », prévient Olga Romulus. Un juste équilibre à trouver entre libre arbitre et soutien du franchiseur !
Qui forme les premières recrues ?
Le premier salarié suit normalement une formation initiale pour se rôder aux process du réseau. Charge cependant au franchisé d’en assumer le coût, généralement compris dans le droit d’entrée.
Les pratiques sont variables d’une enseigne à l’autre : le salarié peut être formé au siège du réseau ou dans son école de formation, s’il en possède une, mais aussi par un animateur région ou par des formateurs extérieurs. « Le franchiseur a des partenariats avec des entreprises de formation. Je propose ainsi à mes aide-ménagères des modules d’e-learning de deux-trois heures sur certaines techniques, comme le nettoyage de pièces humides. C’est un gage de montée en compétences », avance Léa Perali. Et de fidélisation… pour retenir les premiers talents de l’entreprise !
Article initialement publié en janvier 2025, mis à jour et republié en janvier 2026.