Quelles sont les spécificités de l’activité d’O2 Jardinage & Bricolage ?
Pierre-Charles Garrigues : Cela fait 12 ans que je suis dans le groupe O2, et sept ans que je dirige la filiale. Il faut savoir que le secteur du service à la personne est réglementé. D’abord, parce qu’il permet aux clients de bénéficier d’un crédit d’impôts. Sur le jardinage et le bricolage, le client bénéficie de 50 % de crédit d’impôt. Mais il y a une spécificité assez forte par rapport aux autres services : c’est que l’on vient avec notre propre matériel (contrairement au ménage à domicile, la garde d’enfants, et l’aide aux personnes âgées). Cela change toute l’organisation, car cela nécessite des investissements et un véhicule pour transporter le matériel. Il faut également qu’on ait une remorque et un lieu pour le stocker.
Ensuite, il s’agit d’une activité saisonnière. Dans les jardins, on ne fait pas les mêmes types de prestations en janvier qu’en juin ou encore qu’en septembre. Contrairement au ménage à domicile, nous devons adapter notre organisation par rapport aux saisons. Ces contraintes logistiques nous ont conduits à créer un réseau distinct. Il y a le grand réseau O2 qui propose du ménage, de la garde d’enfants, de l’aide aux personnes âgées, puis il y a un réseau un peu plus petit, toujours attaché à O2, qui fait le jardinage et des petits bricolages.
Comment se compose le réseau O2 Jardinage ?
P-C.G : Il y a trois types d’organisation : nous avons des agences en propre – avec nos salariés – dans les 25 plus grandes villes de France. Nous avons aussi des franchises jardinage, souvent avec des indépendants qui ont un contrat de franchise avec O2 et qui veulent signer un deuxième contrat de franchise. Enfin, il y a un dernier type de contrat : la micro-franchise. Elle permet à des jardiniers indépendants d’avoir leur propre structure. C’est presque de l’auto-entrepreneuriat, mais avec l’appui d’un réseau et d’une marque reconnue. Le jardinier indépendant fait les prestations en journée et gère son administratif le soir ou le week-end. Aujourd’hui, nous comptons 55 franchisés sous ce contrat un peu partout en France, pour 18 franchises classiques.
Comment se porte le marché du jardinage ?
P-C.G : C’est un marché qui répond aux besoins des Français, mais qui doit encore se professionnaliser. La moitié du secteur correspond à du travail au noir. C’est de loin notre principal concurrent. Il y a également quelques enseignes nationales comme APEF, une société qui fait partie du groupe Oui Care, ou encore AXEO Services et Maison et Services. Tous ces réseaux sont des multiservices.
Depuis près de deux ans, l’État a mis en place un système encore méconnu. C’est ce qu’on appelle l’avance immédiate du crédit d’impôt. Historiquement, une prestation qui coûtait 100 euros n’était remboursée de moitié qu’un an après par l’Etat. Désormais, le client n’a plus besoin d’avancer les frais. Cela facilite l’accès à nos services. On fixe ensuite les tarifs que l’on souhaite. On a fait le choix, depuis plusieurs années, de prendre du matériel de qualité, de former nos jardiniers pour offrir un meilleur service que les prestataires indépendants. Nous avons donc des prix de vente qui sont plus élevés et qui nous permettent de mieux rémunérer nos salariés. Aujourd’hui, chez O2, le salaire moyen d’un jardinier est presque de 2 000 euros nets par mois.
Où en est le réseau et quelles sont vos ambitions ?
P-C.G : Nous avons une activité qui est en plein essor puisque nous avons enregistré l’année dernière 20 % de croissance. Cela fait deux ou trois années que nous enregistrons 20 % de croissance par an. Notre objectif premier est de faire grandir les agences actuelles en continuant à recruter et en développant l’activité. Le deuxième est d’ouvrir des agences là où il n’y en a pas, que ce soit avec des franchises ou des micro-franchises. Les deux sont très complémentaires.
O2 Jardinage, en 2024, a fait 15 millions d’euros de chiffre d’affaires. Nous avons à peu près 200 salariés. Nous prévoyons d’atteindre les 27 franchises O2 Jardinage d’ici six mois, et 50 d’ici fin 2027. Nous signons entre 10 et 15 franchises par an. C’est donc un réseau qui est en développement, car il y a de fortes demandes de la part des Français.