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Entrepreneurs, comment gérer votre (sur)charge mentale ?
Premier pas en franchise

Entrepreneurs, comment gérer votre (sur)charge mentale ?

Entrepreneurs, comment gérer votre (sur)charge mentale ?
Trop de tâches en même temps ! Les franchisés se sentent parfois débordés et envahis par une charge de travail trop importante. Il existe heureusement des antidotes pour retrouver une performance optimale et un bien-être durable. Nos sept conseils pour gagner un peu de sérénité.

Turn-over des équipes, comptabilité, gestion des fournisseurs, administratif, imprévus… Le quotidien d’un franchisé ressemble souvent à une éternelle course contre le temps, faite de pressions accumulées, de tâches à gérer et à anticiper, de coups de chauffe répétés. Cet état de sollicitation correspond à la charge mentale, ou plutôt à la (sur)charge mentale. Le terme, apparu dans les années 1980, a d’abord été attribué aux femmes jonglant entre vie de famille et travail, avant de faire son entrée dans le monde professionnel.

Aujourd’hui, il désigne la pression psychologique perçue lors de la superposition d’un effort intellectuel lié à l’exécution d’une tâche (on parle de charge cognitive) et de la sensation souvent pesante ressentie à ce moment-là (on parle de charge émotionnelle). En gros, quand la charge cognitive et la charge émotionnelle augmentent trop, le cerveau dit stop et se grippe. « Cette saturation fait non seulement perdre sa clarté d’esprit, mais elle a, aussi, insidieusement, des conséquences physiques et émotionnelles engendrant irritabilité, agacement, impulsion, oubli ou découragement », décrypte Laurence Thomas-Loiseleur, coach chez Consonance & Co et auteur de La boîte à outils pour prévenir la charge mentale*. Un cercle vicieux, gênant dans le rush du quotidien, mais surmontable. Comment ? En entraînant son cerveau, premier responsable de la sensation de surcharge, à adopter de nouvelles habitudes et de bons réflexes.

  1   Faire une chose à la fois

Hyperconnexion oblige, qui n’a jamais été tenté, en période de clôture de comptes ou lors d’un rendez-vous clients qui s’éternise, de lire ses mails ou de regarder ses notifications WhatsApp ? Plusieurs experts en neurosciences ont démontré que le multitasking était improductif, avec une perte d’efficacité de 40 %, entraînant erreurs, oublis et baisse de la concentration. « Se focaliser sur une seule tâche permet de mobiliser pleinement l’attention et donc les ressources cognitives, émotionnelles et comportementales nécessaires à la réalisation d’un objectif unique », indique Laurence Thomas-Loiseleur. Pour éviter de se disperser et lutter contre le zapping intempestif, plusieurs astuces : découper les grands projets en petits sujets afin de les traiter un par un, couper ses notifications, se mettre en mode avion, porter un casque anti-bruit ou s’isoler. Franck Thiriet, franchisé de Clémence & Antonin, spécialiste du portage de repas pour personnes âgées, a opté pour le … laisser sonner : « Quand je livre ou que je suis chez des clients, je ne réponds pas au téléphone. Je dois être pleinement présent, avoir un petit mot pour chacun… En fonction de l’urgence de l’appel, je rappelle dans la foulée ou le soir. »

  2   S’aider d’une to-do list

Elle est toujours d’une grande utilité même à l’ère du 4.0. Le fait d’écrire a deux vertus : cela permet non seulement de décharger la mémoire et de créer davantage d’espace mental, mais aussi de prioriser les informations pour anticiper le passage à l’action. Radija Ferrario, franchisée avec son mari Frédéric, d’un magasin Story (ameublement/décoration) à Vannes, s’astreint à cet exercice tous les matins : « J’y réfléchis dès le petit déjeuner. C’est un moyen de préparer la journée, de se focaliser sur tout ce qu’il y a à faire comme l’implantation de nouveaux produits, les projets clients, les réunions commerciales avec l’équipe… D’un jour à l’autre, mes check-lists sont différentes, mais j’ai une règle : j’anticipe toujours un temps dédié à la gestion des imprévus. » Une souplesse applaudie par Laurence Thomas-Loiseleur. « Une to-do list est, par nature, vivante, précise-t-elle. Elle doit être revue régulièrement en fonction de l’évolution des tâches, c’est pourquoi je conseille de la limiter à trois actions impératives par jour et à cinq dites « si possible ». » Inutile de trop la charger, l’effet n’en serait que contre-productif. Et, le soir venu, si tout n’a pas été accompli, pas de pression : il suffit de reporter l’inachevé au lendemain, sans oublier de célébrer les réussites journalières. La gratitude et l’auto-félicitation améliorent très positivement l’état d’esprit.

  3   Hiérarchiser les priorités

Quand on a la tête dans le guidon, on confond souvent urgence et importance. Faut-il régler immédiatement l’absence d’un salarié à son arrivée au bureau ou préférer conserver un rendez-vous téléphonique fixé de longue date avec un fournisseur ? La matrice d’Eisenhower permet de classifier les tâches selon leur degré d’urgence et d’importance pour définir un plan d’actions. Dans le cas présent, la priorité est bien évidemment de gérer l’absence du salarié qui a toutes les chances de désorganiser la journée. Franck Thiriet de Clémence & Antonin a trouvé une autre parade, tout aussi efficace : « Je me mets des rappels dans mon agenda électronique pour ce qui est récurrent comme l’administratif, l’envoi des factures clients, les documents à transmettre au franchiseur… Au jour le jour, je gère les priorités, en commençant par les plus rapides ou les plus urgentes. J’anticipe beaucoup et j’essaie d’éviter ce que j’appelle le « asap », qui met trop de pression et pompe l’énergie. »

  4   Travailler par intervalles courts mais intenses

Même dans le feu de l’action, une pause s’impose. Pas facile, mais la technique Pomodoro – une pause de 5 minutes toutes les 25 minutes et une autre de quinze minutes tous les quatre pomodori – peut aider. Elle permet de s’aérer l’esprit pour reprendre ses tâches en meilleure forme. Le simple fait de se lever pour boire un verre d’eau ou aller discuter rapidement favorise la focalisation sur les tâches et réduit la procrastination. « Des recherches ont montré que travailler par intervalles courts et intenses améliore la cognition, la performance et contribue à préserver la mémoire de travail », analyse Laurence Thomas-Loiseleur. Des temps calmes permettent également de revenir à un état d’esprit plus focalisé et prompt à la concentration. Frédéric Ferrario, franchisé Story, s’accorde tous les jours une micro-sieste de quelques minutes sur l’heure de déjeuner. « Ce court temps de repos me permet de me déconnecter, de récupérer et de retrouver une forme de concentration », confie-t-il. Un peu comme le matin, au réveil, quand on se sent d’attaque pour la journée.

  5   S’offrir des sas de décompression

Que ce soit le sport, le chant, la lecture ou toute autre implication associative, les activités extra-professionnelles permettent de se régénérer et de mettre le cerveau en mode pause. Ce temps pour soi n’a rien d’un luxe : il évite les assauts de la charge mentale et permet de regagner en énergie positive. S’y astreindre est nécessaire. Quant aux vacances, sujet quasi tabou chez les franchisés, elles aussi restent indispensables. « Je ne prends que des week-ends de quatre à cinq jours, répartis dans l’année », mentionne Christophe Caccamo, franchisé Basilic & Co à Voiron, qui s’octroie, par ailleurs, des séances de courses automobiles une fois par semaine. Même s’ils sont plus courts et plus fractionnés, ces petits breaks éloignent des responsabilités et des préoccupations quotidiennes. Des respirations qu’il faut s’obliger à respecter.

  6   Cultiver l’instant présent

Revenir à soi pour parvenir à une forme de détachement et de calme intérieur. De manière simplifiée, la pleine conscience incite à focaliser son attention sur le « ici et maintenant » et invite le cerveau à lâcher prise. Toucher un objet, poser son regard sur une photo, écouter un son, grignoter un morceau de chocolat… permettent de réactiver simplement les sens autant que les rêveries. « Cette pratique est particulièrement appropriée lorsque l’on sent son esprit agité, dispersé, préoccupé et constamment appelé ailleurs… Elle permet de réduire la charge mentale en revenant à ce qui est là, dans le présent, sans déplorer le passé (qu’on ne peut plus changer) ni nourrir de projections sur l’avenir (sur lequel on n’a pas réellement la main…) », détaille Laurence Thomas-Loiseleur. Participer à des ateliers de méditation, de yoga ou de techniques de respiration est aussi très efficace pour travailler sa pleine conscience. Des études ont prouvé que ce genre d’exercices développe la zone de maîtrise de l’attention et de la concentration. Comme quoi, tout se passe vraiment dans la tête…

*Dunod, septembre 2024.

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