1. Qu’est-ce que la RFID et comment fonctionne-t-elle ?
« La technologie RFID permet d’automatiser les inventaires, explique Claude-Eric Hesse. Chaque produit est équipé d’une étiquette contenant un identifiant unique. Des antennes et des lecteurs RFID installés dans le magasin captent ces signaux ».
Concrètement, la RFID remplace le code-barres par une puce électronique capable d’être lue à distance, sans contact visuel direct. Les informations collectées sont intégrées dans le système de gestion du magasin. Cette technologie s’impose aujourd’hui dans de nombreuses enseignes internationales, à l’instar de Decathlon Brésil, Kiabi ou Nike.
2. Quels bénéfices pour les enseignes ?
L’un des principaux avantages observés dans les réseaux équipés réside dans la rapidité et la précision des inventaires. « Là où un inventaire complet pouvait auparavant prendre plusieurs heures, il peut désormais être réalisé en une trentaine de minutes », précise le responsable commercial. Cette fiabilité, supérieure à 95 % d’après Claude-Eric Hesse, facilite la gestion des stocks, et « permet d’organiser un réassort automatique » et de réduire les ruptures.
Sensormatic Solutions, l’un des acteurs du marché, s’adresse aussi bien aux marques du retail que de la grande distribution. L’entreprise compte parmi ses clients des enseignes comme Carrefour et Leclerc. « Dans un supermarché, vous pouvez avoir entre 30 000 et 50 000 références, soit plusieurs centaines de milliers d’articles. Un inventaire manuel nécessite des dizaines de personnes et peut prendre une journée entière. Avec la RFID, en quelques heures, tout est fait automatiquement. La rentabilité opérationnelle est évidente. »
3. En quoi la RFID renforce-t-elle la sécurité et l’expérience client ?
La dimension sécuritaire est également assurée par cette technologie. Au lieu d’avoir différentes solutions antivols, les enseignes qui s’équipent de solutions RFID bénéficient d’une solution tout-en-un. « Si un article équipé d’une puce RFID franchit les portiques sans être payé, le système déclenche une alarme », indique Claude-Eric Hesse.
Pour ce qui est de l’expérience client, le dispositif permet de renforcer la précision des stocks, et ainsi d’améliorer la promesse client. « Grâce à cette technologie, on améliore la fiabilité des stocks, ce qui profite aux services comme le click & collect ou le e-commerce ».
4. Quels sont les freins à son déploiement ?
Le principal frein reste le coût initial. « Les étiquettes RFID sont plus chères qu’un simple code-barres, et l’infrastructure (antennes, lecteurs, systèmes informatiques) représente un investissement non négligeable », reconnaît Claude-Eric Hesse.
L’autre contrainte, c’est le temps d’intégration dans les systèmes existants. « Cela dépend de l’environnement du client, notamment de ses systèmes informatiques (WMS, ERP, etc.). En moyenne, un projet complet peut prendre plusieurs mois à deux ans, selon la complexité. » Sans compter la formation du personnel à cette technologie, qui est nécessaire pour la fluidité des opérations.
5. Quelles perspectives pour la RFID dans le retail ?
Si la RFID commence à s’imposer dans les grands groupes, Claude-Eric Hesse anticipe une démocratisation rapide de cette technologie. « Nous allons assister à une démocratisation de la RFID et à son intégration dans des modèles prédictifs. L’objectif est de combiner RFID et intelligence artificielle pour créer des modèles de distribution prédictifs et optimiser les flux logistiques en temps réel ».