La franchise reste une voie privilégiée pour entreprendre. Selon l’étude, 30 % des Français aimeraient créer leur entreprise et, parmi eux, plus de la moitié envisagent de le faire en franchise. Cette proportion atteint même 65 % chez les 18-24 ans.
« La franchise est un modèle particulièrement adapté aux porteurs de projet, car il apporte une sécurité qui est plébiscitée, souligne Harold Elie, directeur du marché des professionnels Banque Populaire. L’accompagnement du franchiseur et la force de la marque contribuent directement à cette attractivité. »
On constate par ailleurs que 85 % des franchisés sont d’anciens salariés, ce qui confirme le rôle de la franchise comme levier de reconversion professionnelle.
Crédit : étude de la Fédération française de la franchise (FFF) et Banque Populaire.
Un secteur en croissance malgré quelques ajustements
Les chiffres clés confirment la progression du modèle. En 2025, la franchise française compte 93 395 points de vente et plus de 1 million d’emplois, pour un chiffre d’affaires global de 93,71 milliards d’euros, en hausse de 4,9 % sur un an. Le nombre de réseaux recule toutefois (2 035 réseaux en 2025, soit une baisse de 2,5 % par rapport à 2024).
« Une cinquantaine de réseaux ont disparu, notamment sur le marché de l’équipement de la personne, précise Véronique Discours-Buhot, déléguée générale de la FFF. C’est un secteur qui va mal et qui est particulièrement attaqué par les plateformes. »
Pour Myriam El Aroui, responsable du pôle franchise chez Banque Populaire, les résultats de l’étude confirment néanmoins la solidité du modèle. « On a de plus en plus de points de vente au sein des enseignes. On observe aussi une concentration de franchisés qui continuent à avoir plusieurs points de vente, donc multi-franchisés, voire pluri-franchisés », observe-t-elle.
Des secteurs en plein essor
Plusieurs activités tirent particulièrement la croissance de la franchise. Les services à la personne, la formation ou encore le bâtiment (notamment la rénovation et l’aménagement extérieur) enregistrent une forte progression du nombre d’enseignes.
Crédit : étude de la Fédération française de la franchise (FFF) et Banque Populaire.
En parallèle, les secteurs de la formation, des services à la personne et de la restauration rapide affichent la meilleure progression de chiffre d’affaires. « Nous avons besoin de plus de soutiens pour les personnes âgées, ou sur le ménage et la garde d’enfants. Cela répond à un besoin sociétal », poursuit Véronique Discours-Buhot. Dans le même temps, la restauration rapide, qui a fortement progressé après la crise sanitaire, semble aujourd’hui se stabiliser malgré l’émergence régulière de nouveaux concepts.
Crédit : étude de la Fédération française de la franchise (FFF) et Banque Populaire.
L’IA et la transmission, nouveaux enjeux pour les réseaux
L’étude met également en lumière deux enjeux majeurs pour l’avenir des réseaux. Le premier concerne l’intelligence artificielle, dont l’usage progresse rapidement : 33 % des franchisés l’utilisent désormais, soit une hausse de 11 points en un an. « Les franchiseurs y voient surtout un moyen d’automatiser certaines tâches, d’optimiser les opérations et de personnaliser la relation client », confie Myriam El Aroui.
Le second défi porte sur la cession ou la transmission des points de vente, un sujet auquel l’étude consacre un chapitre spécifique. « Ce que l’on constate sur l’ensemble des entreprises, c’est que c’est un vrai sujet de par la courbe démographique de nos chefs d’entreprise », poursuit-elle. La passation des entreprises fait partie intégrante de la « grande transmission », avec environ 370 000 PME et TPE potentiellement cédées d’ici 5 ans en raison du départ en retraite massif des baby-boomers dirigeants.
L’enjeu est d’autant plus stratégique que les franchiseurs souhaitent préserver leur maillage territorial. « Les franchiseurs ne veulent pas voir des points de vente de leur réseau disparaître. Donc ils sentent qu’il y a un gros besoin d’accompagner les franchisés sur ce sujet ». Cependant, la préparation de la transmission reste encore trop tardive. « Les franchisés ne disent pas toujours leur volonté de céder ou pensent que c’est encore loin. Alors que c’est un travail qu’il faut préparer en amont, tant sur la valorisation du fonds de commerce que sur les investissements qu’il faut continuer de faire jusqu’à la fin pour éviter de faire perdre de la valeur. »
Malgré ces défis, les intentions de développement restent très élevées. 94 % des franchiseurs prévoient d’ouvrir un nouveau point de vente dans les douze prochains mois, signe d’un secteur toujours dynamique.
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