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Auchan mise sur la seconde main pour élargir son offre et séduire de nouveaux clients

, par Camille Boulate

L’enseigne de grande distribution teste depuis mi-février la collecte et la vente de vêtements d’occasion dans cinq de ses magasins. L’objectif ? Répondre à une attente de la clientèle et s’adapter aux nouvelles tendances de consommation.

Ces derniers mois, la tendance des corners s’accentue. Après Carrefour qui accueille Auber dans ses rayons, Hema qui a implanté son offre dans les allées des magasins Franprix ou encore Day by Day qui teste son concept dans les magasins Cora, c’est au tour de l’enseigne Auchan d’essayer un nouveau modèle. “C’est un partenariat avec l’entreprise Patatam, spécialisée dans la collecte et la revente de vêtements d’occasion, qui est bien différent des corners classiques qui fleurissent un peu partout et de l’expérience que nous menons par exemple avec Boulanger, précise d’emblée Jean-Mathieu Limerat, chef de groupe textile chez Auchan. C’est différent tout d’abord parce que Patatam est notre fournisseur mais aussi parce que nous installons les produits dans nos linéaires et pas systématiquement dans un corner dédié.”

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Plusieurs modèles

Depuis mi-février, Auchan teste en effet plusieurs typologies de vente dans 5 magasins distincts, allant du corner de 50 mètres carrés à une offre regroupée dans les rayons textiles. “L’expérimentation a été lancée, simultanément, dans 5 magasins Auchan (Marseille, Bordeaux, Melun, Roncq et Hirson), précise Jean-Mathieu Limerat. À Hirson, qui est un petit magasin, nous avons 300 références dédiées à la femme dans un linéaire distinct situé derrière le rayon textile. À Roncq, qui est un grand hypermarché, nous testons un corner de 50 mètres carrés, complètement décorrelé de la partie textile et qui exploite toute l’offre, de l’adulte (homme-femme) à l’enfant. Cela représente environ 1 500 références.” En plus de ces deux modèles, Auchan expérimente deux autres façons de mettre en avant ses vêtements de seconde main. Par exemple, dans le magasin de Bordeaux, l’offre adulte et enfant est disséminée dans les rayons correspondants. Tandis qu’à Melun et Marseille, l’ensemble des références sont regroupées sur un linéaire distinct à côté des cabines d’essayage. Autant d’expérimentations dont les performances doivent être analysées dans les mois à venir. “Si les premiers retours sont très bons, la crise sanitaire engendrée par le coronavirus a tout gelé. Mais les résultats sont au-dessus de nos prévisions”, confie Jean-Mathieu Limerat. Pour le moment, Auchan ne sait pas si tous les modèles seront conservés à terme. “L’idée reste de déployer la solution la plus performante et la plus adaptée au magasin mais aussi à sa zone de chalandise. Il faut donc que nous trouvions un modèle qui nous permettra d’avoir une adaptabilité et une agilité”, souligne Jean-Mathieu Limerat.

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Répondre aux besoins

Se diversifier sur les produits d’occasion, d’autres enseignes de distribution tentent l’expérience, notamment sur des références high-tech. C’est le cas de Carrefour qui a récemment annoncé un partenariat avec Cash Converters et lancé un premier corner Carrefour Occasion. “C’est une nouvelle tendance que nous observons depuis plusieurs années. On s’aperçoit que les clients consomment différemment et que les boutiques d’occasion en ligne, telle que Vinted ou le Bon Coin, ont un vrai succès, analyse Jean-Mathieu Limerat. Parallèlement, nous organisons depuis quelques années une opération de reprise de vêtements. Cette initiative fonctionne très bien et nous avons remarqué qu’il y avait une vraie attente des clients sur la seconde main.” C’est donc fort de ce constat qu’Auchan s’est rapproché de Patatam pour déployer un système de collecte simple et innovant. Concrètement, les clients intéressés se rendent en magasin pour récupérer un sac de collecte disponible au rayon textile et sur lequel figure un code unique. “Ce dernier devra être rentré sur le site ou l’application ‘Auchan reprise vêtements’. Cela permettra au client d’activer son sac, d’enregistrer ses informations et d’éditer une étiquette Mondial Relay afin de déposer ses vêtements soit en magasin soit dans un autre point relais pour l’envoyer à Patatam”, explique Jean-Mathieu Limerat. L’entreprise se charge ensuite de trier les vêtements qui seront soit recyclés, soit revendus par Patatam ou Auchan dans les différents magasins. “De son côté, au moment où le sac est reçu et trié, le client recevra un premier e-mail lui proposant un bon d’achat de 5 euros à utiliser dans nos magasins, au rayon textile. Il aura également la possibilité de faire don de cette somme aux associations partenaires de l’hypermarché local. Cela nous permet, en tant qu’enseigne, de renforcer le lien avec ces associations. Enfin, le client recevra un dernier e-mail pour savoir ce que sont devenus ses vêtements”, précise Jean-Mathieu Limerat.

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Prix unique

Auchan aurait pu arrêter la collecte de vêtements, l’enseigne de grande distribution a fait le choix de proposer la revente de ces produits et mise sur un prix clair. Ainsi, le réseau a privilégié un montant unique par catégorie de vêtements afin d’avoir le plus de transparence possible vis-à-vis de la clientèle. “Concrètement, quel que soit la marque du T-shirt, celui-ci sera vendu 3 euros”, précise Jean-Mathieu Limerat. L’objectif de l’enseigne est clairement de déployer, à terme, ce modèle dans un maximum de magasins. Pour le moment, 4 supermarchés et hypermarchés Auchan proposent la collecte et la revente de vêtements d’occasion, auxquels s’ajoute un cinquième magasin, près de Bordeaux, qui propose uniquement la collecte. “Nous souhaitons effectivement que nos 120 magasins soient en mesure de proposer ce service de collecte de vêtements usagés, annonce Jean-Mathieu Limerat. Ensuite, pour les corners et espaces de vente, cela ne se fera pas forcément sur l’ensemble du parc. Car il faut que la zone de chalandise et les besoins des clients sur place s’y prêtent. Mais nous nous fermons la porte à aucune opportunité. Notre volonté est de monter en puissance progressivement sur ce modèle.”

Camille Boulate

Camille Boulate


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