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Coronavirus : “Franchisés et franchiseurs, vous êtes sur le même bateau !”

, par Camille Boulate

Depuis trois jours, l’activité commerciale est à l’arrêt. Seules quelques enseignes peuvent continuer à accueillir les clients. Pour les autres, il s’agit de trouver des solutions pour palier le manque de chiffre d’affaires. Voici quelques conseils à mettre en œuvre, à votre échelle de franchisé.

C’est une situation inédite que vivent l’ensemble des commerçants, restaurateurs et autres chefs d’entreprise en France. Depuis trois jours, l’activité économique est à l’arrêt et la grande majorité des enseignes ont dû baisser le rideau. Une situation qui devrait durer, au minimum, jusqu’au 15 avril prochain. Au sein des réseaux de franchise, l’heure est donc à l’organisation pour tenter de rassurer les équipes et les franchisés. “Toutes les enseignes sont en train de bâtir différents scénarios afin de faire face à la crise du mieux qu’elles peuvent”, souligne Sylvain Bartolomeu, dirigeant associé du cabinet Franchise Management et membre du Collège des experts de la Fédération française de la franchise.

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Revoir le prévisionnel

L’un des premiers conseils à appliquer est, en tant que franchisé, de faire le point sur votre prévisionnel et de le réajuster compte tenu de ce mois de fermeture. Bâtir plusieurs scénarios est donc judicieux, afin de ne pas être pris au dépourvu. “On ne sait pas encore ce que vont donner les décisions prises par le gouvernement. Ce que l’on sait, en revanche, c’est qu’il va falloir gérer cette phase de creux et que certaines décisions devront être prises”, insiste Sylvain Bartolomeu. Tournez-vous vers votre franchiseur pour qu’il vous accompagne, par exemple, dans les procédures RH comme la mise en place du chômage partiel“Dans ce genre de situation, les animateurs ont un rôle primordial et doivent être joignables constamment pour tenter de trouver des solutions à l’ensemble de leur problématique”, explique l’expert.

En tant que franchisé, n’ayez pas peur de la probable ingérence que cette situation peut entraîner de la part de votre franchiseur. Car durant cette situation exceptionnelle, il est possible que le franchiseur vous accompagne plus que ce qui est prévu initialement dans le contrat. “Il ne peut pas y avoir de défaut de sur-assistance. Selon moi, le franchiseur doit aider les franchisés. Ce sont des personnes qui lui ont fait confiance et qu’il doit aider à survivre durant cette période compliquée”, insiste Sylvain Bartolomeu. Faites aussi le point sur la trésorerie que vous avez de disponible, et tentez d’estimer combien de temps vous pouvez tenir. Là encore, n’hésitez pas à vous tourner vers votre franchiseur qui peut vous accompagner dans les demandes d’aides gouvernementales mais aussi vous aiguiller vers des partenaires financiers.

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Intelligence collective

Par ailleurs, dans le cadre d’une épidémie comme celle du Covid-19, le réseau peut être amené à prendre des décisions importantes, comme la suspension totale de l’activité (livraison et commandes drive comprises). C’est le choix effectué par les enseignes Afflelou ou Burger King. “Selon moi, c’est la bonne solution. Car les entreprises ont un devoir citoyen qui est de faire en sorte que le virus ne se propage pas davantage. C’est la première urgence à gérer notamment en aidant les franchisés à veiller à la sécurité de leurs équipes”, estime Sylvain Bartolomeu. Bien entendu, en tant que franchisé, vous êtes libre de suivre ou non les indications du franchiseur, surtout si votre activité peut être encore exercée et que vous respectez les règles indiquées par le gouvernement.

“La question n’est pas là, affirme toutefois Sylvain Bartolomeu. C’est du bon sens citoyen de suivre les indications du réseau. Il faut prendre conscience que franchisés et franchiseur, vous êtes dans le même bateau ! Clairement, les réseaux où l’intelligence collective et le vivre ensemble sont les plus prégnants sont ceux qui arriveront le mieux à passer cette crise”, insiste Sylvain Bartolomeu. Ce dernier précise par ailleurs qu’il ne faut pas hésiter à faire confiance à l’enseigne en mettant réellement de côté toutes les considérations personnelles et juridiques.

“Il y aura forcément de l’ingérence et certaines barrières seront franchies. Mais si cela se fait dans l’intérêt commun et avec l’accord des franchisés, ce n’est pas un problème. C’est la survie de l’enseigne et des partenaires qui est en jeu”, prévient le dirigeant associé de Franchise Management. S’il est encore trop tôt pour estimer quand une sortie de crise est envisageable, vous pouvez, à votre niveau, profiter de cette période de creux pour anticiper la relance de votre activité. Préparer notamment un plan de communication peut donc être judicieux. “C’est le moment pour fédérer les équipes autour de cela et de laisser place à la créativité”, conclut Sylvain Bartolomeu.

 

Camille Boulate

Camille Boulate


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