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Coronavirus : le secteur de la coiffure réclame la suppression d’un trimestre de charges

, par Camille Boulate

Comme la plupart des commerces, les salons de coiffure seront autorisés à redémarrer leur activité dès le 11 mai. L’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec) réfléchit à son protocole sanitaire et réclame de nouvelles mesures pour soutenir le secteur.

Les salons de coiffure étaient cités en exemple par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, dans sa volonté de permettre à une majorité de commerces de rouvrir dès le 11 mai. Depuis, le gouvernement a annoncé que l’ensemble des commerces, excepté les cafés, bars et restaurants, pourront redémarrer leur activité à partir de cette date. Si pour l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec) il s’agit d’une bonne nouvelle, son nouveau président Christophe Doré se dit inquiet pour la reprise. “Ces deux mois de fermeture administrative ont fortement impacté les trésoreries des chefs d’entreprise. Il y a eu zéro rentrée d’argent mais en face il n’y a pas eu zéro dépenses. Le choix de faire des reports de charges, je crains que cela soit très difficile à assumer pour nos chefs d’entreprise au moment où il faudra payer tout cela”, alerte-t-il. L’Unec réclame ainsi, comme cela va être le cas pour les restaurateurs, l’annulation d’un trimestre de charges. “Nous demandons aussi au gouvernement de continuer à mettre la pression aux assureurs. Car si certaines compagnies jouent le jeu et accompagnent les entreprises, d’autres ne veulent rien entendre”, estime le président de l’Unec.

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Mesures drastiques

Sur le plan économique, Christophe Doré salue les annonces et l’accompagnement effectué par le gouvernement mais déplore qu’une majorité d’aides aient été limitées aux entreprises de moins de 10 salariés. “Dans nos adhérents, nous avons des gérants qui ont plusieurs salons de coiffure et qui ont donc plus de 10 salariés. Ces chefs d’entreprise n’ont eu aucune aide et je trouve cela très dommageable pour eux, constate Christophe Doré. Les salons qui allaient bien avant la crise sont en train de puiser dans leur trésorerie mais, demain, quand la reprise sera là, ces entreprises seront fragiles.” Le secteur de la coiffure dans son ensemble s’inquiète pour l’avenir. Christophe Doré nous confie ne pas savoir comment l’activité va pouvoir reprendre dans un contexte où des mesures sanitaires drastiques seront mises en place. “Le temps que nous allons passer à tout nettoyer et désinfecter cela va être autant de temps où on ne produira rien, insiste-t-il. Nous travaillons sur un protocole sanitaire (masques, visière, gants, gels hydroalcoolique, spray à usage uniques, etc.). Tout cela n’est pas difficile à mettre en place par contre cela va nécessiter de nouveaux réflexes et une nouvelle organisation.”

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Amplitude horaire

Comme de nombreux commerces, les salons de coiffure devront aussi réguler le flux de clients et limiter le nombre de personnes au mètre carré. Une mesure nécessaire pour l’Unec mais qui alerte sur les répercussions au long terme. “La santé est la priorité, je comprends. Mais attention à ne pas nous mettre des consignes trop restrictives qui demain pourraient engendrer des problématiques économiques, insiste Christophe Doré. Recevoir moins de clients va forcément nous conduire à allonger notre amplitude horaire et donc impliquera pour nos collaborateurs, avec leur accord, d’accroître leur temps de travail. Nous alertons le gouvernement sur ce point et demandons la défiscalisation des heures supplémentaires pour alléger les charges des chefs d’entreprise. Nous savons que nous devrons travailler différemment, cela fera partie de notre nouvelle vie.”

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Camille Boulate

Camille Boulate


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