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Coronavirus : les fédérations du commerce réclament plus de solidarité des bailleurs

, par Camille Boulate

Alors que l’activité des commerçants continuent d’être à l’arrêt, 7 fédérations majeures du commerce réclament plus de solidarité de la part des bailleurs. Si toutes saluent les premiers efforts annoncés concernant le report des loyers, elles estiment qu’il faut aller plus loin pour la survie des commerçants.

Depuis le 15 mars, les commerçants sont à l’arrêt et leur activité économique aussi. Si ceux appartenant à une enseigne sont bien accompagnés par leurs franchiseurs, il y a des postes de dépenses sur lesquels ces derniers ne peuvent pas forcément agir. C’est notamment le cas sur le loyer. Si Emmanuel Macron a annoncé dans son allocution télévisée du 16 mars dernier le report des charges mais également des loyers pour les entreprises impactées par la crise du Covid-19, 7 fédérations du commerce* demandent aux bailleurs d’aller plus loin. Ces dernières appellent, dans un communiqué commun, les différentes sociétés foncières et autres bailleurs institutionnels à faire preuve “de solidarité vis-à-vis des commerçants pour créer les conditions de la survie de la plus grande partie des magasins et des emplois”.

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Mesures insuffisantes

Les fédérations soulignent que les mesures prises dans l’urgence “vont permettre aux entreprises de répondre aux besoins de trésorerie immédiate, notamment pour payer les salaires de leurs équipes au mois de mars ainsi que leurs fournisseurs”. Toutefois, elles appellent à étoffer ces mesures et plus particulièrement à l’annulation pure et simple des loyers. “Les commerces ne font aucun chiffre d’affaires et le retour à l’activité, comme nous le constatons avec les entreprises présentes en Chine, ne se fera que très progressivement, constatent les fédérations du commerce. Lorsqu’interviendra la réouverture, les commerces devront consacrer tous leurs moyens pour faire repartir production et distribution. Leurs besoins en fonds de roulement seront alors importants.”. Ainsi, toutes estiment que reporter le règlement des échéances de loyers pour les payer plus tard n’est pas une solution supportable, cela risquant d’amputer grandement les moyens financiers des commerçants pour la reprise d’activité. “Or, pour les bailleurs, comme pour les commerçants, l’objectif doit être de créer les conditions pour que les points de vente fonctionnent demain, qu’ils soient en capacité de payer les loyers dans deux ans, dans cinq ans…”, affirment les 7 fédérations.

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Permettre aux commerces de survivre

Ainsi, elles réclament aux bailleurs d’acter l’annulation des loyers commerciaux. Certains, comme La Compagnie de Phalsbourg, ce sont d’ailleurs engagés à le faire dès la semaine dernière. “Pour permettre aux commerces de survivre à cette crise exceptionnelle en redémarrant leurs activités dans les meilleures conditions possibles, il est impératif d’appliquer le principe ‘zéro recette, zéro dépense’”, estiment les fédérations. Du côté des enseignes, la demande est identique. Comme nous le confiait Louis Frack, co-fondateur du réseau Bioburger. “Les commerces qui sont fermés aujourd’hui ne valent plus rien. Il faut que les bailleurs comprennent que ce n’est pas un simple report dont nous avons besoin mais d’une annulation totale sur la période de fermeture. Si les bailleurs n’entendent pas cet argument, il est clair que certains commerces ne pourront pas rouvrir s’ils doivent assumer ces loyers”, insiste-t-il. Même son de cloche du côté de la tête de réseau Pizza Cosy, qui explique être le bailleur de certains de ses franchisés. “Naturellement nous avons stoppé les prélèvements des loyers. C’était tout à fait naturel. Car à partir du moment où vous n’entrez pas de chiffre d’affaires, vous ne pouvez pas assumer ces charges. Nous avons eu la même réflexion concernant les royalties”, nous explique Jonathan de Sanctis, co-dirigeant et directeur du réseau Pizza Cosy.

* L’Alliance du Commerce, la Fédération du commerce coopératif et associé, la Fédération pour la promotion du commerce spécialisé (Procos), la Fédération française de la franchise (FFF), la Fédération Nationale de l’habillement (FNH), la Fédération du commerce et services de l’électrodomestique et multimédia (FENACEREM) et la Fédération française du négoce de l’ameublement et de l’équipement de la maison (Fnaem).

Camille Boulate

Camille Boulate


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