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[EXCLUSIF] Columbus Café reprend la master-franchise de Copper Branch en Europe

, par Camille Boulate

Après plusieurs semaines de rumeurs, L’Officiel de la Franchise est en mesure de confirmer la reprise de la master-franchise de Copper Branch en Europe et au Moyen-Orient par le réseau Columbus Café & Co. Un rachat qui intervient alors que les franchisés rencontraient des difficultés avec leur master-franchisé. Explications.

 

La rumeur est enfin confirmée. Depuis plusieurs semaines, L’Officiel de la Franchise enquête sur un possible rachat de l’exploitation de la master-franchise Copper Branch en Europe et au Moyen-Orient. En effet, plusieurs sources nous indiquaient, dès le mois de décembre, que des tractations avaient lieu depuis plusieurs mois entre Columbus Café & Co et l’enseigne canadienne Copper Branch. L’objectif ? Relancer la marque, qui subissait quelques turbulences en interne. C’est désormais officiel, Nicolas Riché, président directeur général de Columbus Café, vient de nous confirmer reprendre, via sa holding Wagram Finances, la master-franchise Copper Branch pour l’Europe et le Moyen-Orient.

 

Problèmes d’approvisionnements

Créé il y a cinq ans au Canada, Copper Branch avait amorcé son développement en franchise dans l’Hexagone début 2019. Très vite, le concept basé sur une alimentation saine et végétale, séduit. Une petite dizaine de restaurants ont en effet ouvert leurs portes l’année dernière en France et en Belgique. Lors du salon Franchise Expo Paris, qui s’est tenu en mars 2019, le master-franchisé de l’époque, Martin Ayotte, nous confiait pouvoir ouvrir un restaurant par mois sur les trois prochaines années. Toutefois, malgré de bonnes perspectives de développement, les franchisés ont rapidement déchanté du fait du manque d’expérience de Martin Ayotte et d’une mauvaise anticipation concernant l’approvisionnement.

Durant notre enquête, tous les membres du réseau que nous avons interrogés ont pointé les défaillances de la master-franchise. L’un des premiers franchisés à avoir ouvert son point de vente nous confiait : “Quelques semaines après l’ouverture de mon point de vente j’ai tout de suite alerté que les food-cost annoncés n’étaient pas respectés et qu’il fallait apporter des modifications au concept, qui avait été copié-collé du Canada sans aucun ajustement”, explique-t-il. Face aux problèmes d’approvisionnement, l’ensemble des franchisés ont dû trouvé des solutions annexes pour que leur activité perdure. “Nous avons dû effectivement prendre les rênes du sourcing. Aujourd’hui, nous avons trouvé 80 % des produits par nous-même. C’est sûr que ce n’est pas idéal mais il fallait réagir”, nous explique Pascal Regnier, franchisé installé à  Strabsourg.

Pour autant, les ruptures d’approvisionnement avaient un réel impact sur l’activité des franchisés, comme en témoigne Amaury Eloy, ancien franchisé du restaurant de Boulogne-Billancourt, dont la liquidation judiciaire a été annoncée début janvier, après à peine huit mois d’activité. “L’obligation numéro 1 d’un master-franchisé est d’approvisionner ses franchisés. Ce qui n’était pas le cas avec Copper Branch Europe. Les ruptures d’approvisionnements étaient constantes. Il nous manquait continuellement 60 % à 70 % des produits, on avait beau alerter la tête de réseau au Canada, rien ne se passait. J’ai même dû repousser mon ouverture car les produits n’étaient pas là !”, insiste l’ancien président de l’association des franchisés Copper Branch.

 

Un concept qui marche

Tous nos interlocuteurs estiment que le choix de Martin Ayotte, qui travaillait précédemment avec Copper Branch au Canada, était une erreur de casting. “La vraie difficulté, ce n’est pas l’enseigne, mais le master-franchisé qui n’a pas le savoir-faire pour développer un réseau”, estime Pascal Regnier. Un avis partagé par tous les membres du réseau que nous avons interrogés dans le cadre de cette enquête. En effet, ils ont été unanimes sur le concept qui plaît aux clients et qui est dans l’air du temps. “Le concept est très bon, le chiffre d’affaires est là”, insiste le franchisé de Strasbourg.

“Il y a effectivement de sérieuses lacunes dans la gestion du réseau en Europe. Mais il ne faut pas mélanger les choses. Le concept a tout à fait son sens et les feedbacks clients sont excellents. Le potentiel est bien présent”, affirme Stéphane Van Hauwaert, franchisé à Bruxelles.

De son côté, Martin Ayotte l’admet, le sourcing des produits et l’approvisionnement n’ont pas été correctement anticipés. “On ne savait pas que cela serait si compliqué de trouver des fournisseurs en France et nous n’avions pas conscience que les ruptures seraient si nombreuses. Les franchisés ont clairement essuyé les plâtres et ils ont besoin de voir que l’enseigne évolue et gagne en expérience. C’est sûr, il y aura des grands changements prochainement”, nous confiait-il début janvier.

 

Prendre le temps

C’est désormais chose faite avec l’arrivée de Columbus Café & co aux manettes. Nicolas Riché, président directeur général de Columbus Café & Co, nous a confié vouloir depuis quelques temps porter une nouvelle enseigne. “Notre métier est d’être franchiseur et nous savons que nous pouvons nous engager dans un autre réseau sans que cela perturbe Columbus & Co. Copper Branch est pour nous une opportunité car les offres et les services sont complémentaires. Les deux enseignes ne sont pas du tout concurrentes”, explique-t-il.

Nicolas Riché précise qu’un gros travail devra être effectué sur le concept avant de penser à étoffer le maillage territorial. “Il y a plusieurs étapes qui nous attendent comme bien cadrer le sourcing, la logistique et adapter le concept à la France. Car cela n’a pas du tout été fait. Les produits sont très bons mais très épicés, ce qui est une attente au Canada mais pas en France. Les quantités sont trop importantes également. Il va vraiment falloir ajuster le concept, mais cela se fera dans les trois prochains mois”, estime le CEO de Columbus Café & Co.

Si Martin Ayotte nous confiait avoir signé une soixantaine de contrats avec de nouveaux candidats et que ces ouvertures étaient prévues dans les prochains mois, Nicolas Riché nuance en assurant que le développement ne reprendra pas avant septembre 2020 . “Nous ne voulons pas nous précipiter mais plutôt prendre le temps de bien cadrer les choses. Nous allons d’abord nous focaliser sur les franchisés existants en leur proposant de nouveaux contrats. Ceux qui veulent pourront donc continuer l’aventure avec nous et nous déploierons d’abord les ajustements du concept chez eux. Ensuite, si cela fonctionne bien, nous repartirons sur un développement, mais pas tout de suite”, prévient Nicolas Riché. Du côté des franchisés avec lesquels nous avons échangé, l’attente d’un nouveau master-franchisé était forte pour développer leur activité. Les voilà donc soulagés.

 

 

Camille Boulate

Camille Boulate


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