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Coronavirus : “Une perte estimée à 8 milliards d’euros par mois”

, par Nicolas Monier

Alors que le gouvernement d’Édouard Philippe a décidé de fermer les restaurants jusqu’au 15 avril prochain, Bernard Boutboul, président du cabinet Gira, revient pour L’Officiel de la Franchise sur la situation économique de la filière.

Comment le secteur fera face à ce mois de fermeture imposée par le gouvernement ?

C’est très simple. Un mois de restauration hors domicile en France représente un chiffre d’affaires mensuel de 8 milliards d’euros. À cela, vous devez ajouter 30 % des achats alimentaires réalisés auprès des fournisseurs. Ce qui représente un CA de quelque 2,5 milliards d’euros. Face à cette situation, j’espère que le gouvernement d’Édouard Philipe tiendra ses promesses, à savoir, geler l’Urssaf et la TVA. En somme, toutes les charges liées à la restauration. Un soutien financier pour soutenir la trésorerie des restaurateurs s’impose. Il faudra que l’État prenne en charge le chômage technique ou partiel. Quant au loyer, les propriétaires seront peut-être, je l’espère, enclins à faire des gestes pour épargner la trésorerie de leurs locataires.

Aviez-vous déjà constaté un ralentissement de l’activité avant ces mesures drastiques ?

Ce que je peux vous dire, c’est que toutes les formes de restauration sont touchées. De la restauration rapide aux trois étoiles Michelin. Avec les grèves de fin d’année, et la mise en place du télétravail, l’envolée de la gamelle au bureau s’est confirmée. Nous avons ainsi pu constater depuis le début d’année une baisse comprise entre 10 et 15 % sur l’heure du déjeuner. Une chute qui avoisine les 40 à 60 % le soir. Comme pour les grèves de décembre dernier, les gens rentraient chez eux très tôt pour ne pas rater le dernier train.

Comment envisagez-vous l’avenir de la filière dans les prochaines semaines ?

Tout dépend de l’évolution de la maladie. Si le gouvernement prolonge la fermeture d’un mois jusqu’au 15 mai, les restaurateurs vont faire face à des situations totalement exceptionnelles. Je crains qu’un bon nombre d’entre eux soient contraints de fermer leurs portes. Avec malheureusement, des suppressions d’emplois importantes. D’autant que je ne crois pas au redémarrage rapide de l’activité une fois le virus contenu. Cela ne se fera pas du jour au lendemain. Il y aura toujours une appréhension à revenir en terrasse et au restaurant même si nous serons alors presque en été. Mais encore une fois, la décision du gouvernement est la bonne. Plus nous respecterons les règles de confinement, plus la situation aura des chances de s’éclaircir.

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Nicolas Monier


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