« L’histoire fait sens, c’est le plus vieil acteur du réemploi », souligne l’entrepreneur Ahmed Chaieb, fasciné par le potentiel latent de la marque historique Cash Converters. Le réseau avait perdu de sa superbe, le nombre de points de vente ayant fondu de moitié ces dernières années. D’où la nécessité d’un chantier global : moderniser l’image, optimiser les process, déployer un nouveau logiciel de gestion pour l’achat-revente et, surtout, réenchanter l’expérience client. « Notre outil principal, c’est l’achat. Comme on a plusieurs catégories de produits, on doit pouvoir donner au client la valeur exacte de ce qu’il revend, de façon rapide et efficace », détaille Ahmed Chaieb.
Réparer, construire, avancer
L’ambition est donc de permettre aux consommateurs, même les plus exigeants, de considérer l’occasion comme une alternative crédible au neuf. Cela passe par une standardisation de la qualité, avec garantie allant jusqu’à deux ans et possibilité de payer en plusieurs fois, sans contrat de prêt classique. « On a fait de très bons résultats ces six derniers mois », se réjouit le dirigeant, tout en lançant une vaste campagne de recrutement de nouveaux franchisés. Son plan de marche : ouvrir une cinquantaine de magasins dans les cinq prochaines années et miser sur un développement technologique accroissant la fiabilité des estimations, la fluidité des transactions et la notoriété de la marque.
En coulisses, l’équipe de direction s’attèle aussi à motiver les collaborateurs. « On a surtout cherché à revitaliser les collaborateurs, à créer cette émulation dans l’équipe avec de nouvelles personnes au marketing », confie le fondateur de Pure Ventures. Désormais, le groupe a « endigué l’hémorragie » et fait état d’une reprise encourageante : « Le marché se stabilise un peu, on a réussi sur janvier et février à faire une croissance à deux chiffres. »
Créer des solutions
Autre facteur favorable : le contexte économique. Beaucoup de consommateurs sont à la recherche de bonnes affaires, surtout en période de crise. « Comme les gens ont du mal à consommer du neuf, on est un atout », affirme Ahmed Chaieb, convaincu que le secteur de la seconde main recèle un potentiel considérable. Selon lui, en offrant des tarifs plus bas et des solutions de paiement flexibles, Cash Converters peut capter une clientèle variée, de l’acheteur de produits high-tech reconditionnés au collectionneur de jeux vidéo rétro, en passant par l’amateur de bijoux de luxe.
Reste à savoir si ce pari sur l’économie circulaire connaîtra le succès escompté. Le nouveau propriétaire se montre confiant : la marque, forte de sa notoriété, est « le plus vieil acteur du réemploi » et possède déjà un public sensible au pouvoir d’achat. « Tant que l’on s’adresse correctement à nos clients, le futur s’annonce propice », conclut-il. Une façon de dire que, grâce à cette relance, Cash Converters espère bien remettre l’occasion au cœur du commerce… et prouver qu’en matière de seconde vie, tout est encore possible.