Christine Harscoat, multi franchisée au sein du groupe Provalliance
Je suis franchisée depuis 23 ans au sein du groupe. Je gère aujourd’hui 10 salons et une centaine de collaborateurs. Je dirais que le recrutement est devenu très compliqué. Cela fait des années que nous n’arrivons pas à recruter des personnes qualifiées, ou alors qui ont des exigences telles en termes d’horaire que ce n’est pas possible. Par exemple, nos coiffeuses travaillent 4 jours par semaine, mais certaines voudraient ne pas travailler le mercredi et le samedi, finir très tôt, mais on ne rentre pas 35 h là-dedans… Nous misons donc beaucoup sur la formation. Depuis toujours, nous formons énormément de jeunes. Mais depuis trois ou quatre ans, nous avons accéléré cela. La nouvelle génération, de 15 et 20 ans, est très passionnée et autodidacte. Quand on s’occupe d’eux, ils sont vraiment supers. Nos équipes sont donc très jeunes mais très qualifiées.
Pour fidéliser nos salariés, nous faisons beaucoup de formations, de journées de cohésion. Nous nous intéressons beaucoup à eux et essayons au mieux d’arranger les plannings. Mes managers et moi-même faisons également des formations en management grâce au réseau, qui organise des stages et sessions de formations.
Si je devais donner un conseil pour fidéliser ses équipes, ce serait d’être très à l’écoute. Personnellement, je suis tout le temps disponible, 7 jours sur 7, pour régler leurs problèmes. Nous travaillons également beaucoup sur les feedbacks, en mettant en avant plus le positif que le négatif. Il faut aussi entretenir la passion, et donc, tout le temps faire des formations.
Benoît Been, multi-franchisé au sein du groupe Oui Care (O2, APEF, et La Compagnie des Lavandières)
J’ai commencé par ouvrir une agence O2 il y a 7 ans, et cela a vraiment bien fonctionné. J’ai pris goût à l’entrepreneuriat grâce à cette expérience et gère désormais plusieurs agences de services à la personne au sein du groupe Oui Care. Avec mon associé, nous gérons 250 salariés sur l’ensemble de nos activités. Comme dans tous secteurs d’activité, nous avons du mal à recruter. Mais aujourd’hui, nous y arrivons. Peut-être pas suffisamment par rapport à nos attentes. En travaillant dans le service, notre quotidien est de trouver de nouvelles personnes pour étendre notre champ d’activité.
Fidéliser a toujours été mon cheval de bataille. Nous avons mis plusieurs avantages en place, comme les tickets-restaurant, où nous avons été les premiers à le faire dans le réseau. Cela a été suivi par le groupe à l’échelle nationale par la suite. Puis nous avons proposé des chèques vacances et des primes transports. Notre modèle économique étant limité, nous avons joué sur les avantages qui ne nécessitent pas de charges sociales, mais qui améliorent réellement le quotidien de nos équipes.
Au-delà de l’aspect financier, nous sommes dans l’écoute des contraintes personnelles de chacun, notamment de nos équipes sur le terrain, afin qu’ils trouvent le bonheur chez nous et qu’ils puissent s’inscrire dans le temps. S’ils veulent être à 17 h devant l’école pour récupérer leurs enfants, nous allons essayer de nous adapter au maximum pour leur permettre de faire ce métier. Cette dernière décennie, les attentes ont évolué et le rapport de force s’est complètement inversé. C’est à nous de nous adapter, nous n’avons pas le choix.
Pierre Royer, franchisé La Fabrique cookies
Je suis franchisé La Fabrique Cookies depuis un an, à Lyon, et prévois d’ouvrir deuxième point de vente bientôt. Dans ma boutique du Vieux Lyon, je gère quatre salariés. J’ai beaucoup de candidatures, plus que d’offres que je ne peux proposer. Je ne travaille quasiment qu’avec des étudiants, en CDI. Selon moi, pour réduire le turnover, il faut être vigilant lors du recrutement. Il faut bien évaluer la motivation du candidat. Souvent, j’attends qu’il me rappelle, qu’il soit un peu moteur dans le processus de recrutement.
J’avais des appréhensions au départ, en travaillant avec des étudiants. On entend souvent que les jeunes n’ont pas envie de travailler, mais je me rends compte que cela est faux. Ils veulent du sens dans leur travail et que l’on s’occupe d’eux. Certains sont hyper impliqués dans la vie de l’entreprise, vont contribuer à la stratégie, la réflexion et à l’élaboration des produits, ils vont m’envoyer des messages avec des recommandations et des idées.
Si je devais donner un conseil, c’est qu’il faut toujours les remercier, et valoriser leur implication. Je ne travaille pas les week-ends, car je privilégie ma vie de famille, mais je prends du temps pour aller les voir le week-end, au moins 30 minutes ou 1 heure, regarder s’ils ont besoin de quelque chose, et veiller à ce qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls.
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Françoise et Stéphane Le Ho, multi franchisés au sein du groupe Provalliance
Stéphane Le Ho : Je suis multi-franchisé au sein du groupe Provalliance depuis 25 ans. Avec mon épouse Françoise, qui m’a rejoint en 2011, nous gérons 11 salons, 110 collaborateurs et 40 apprentis. Je remarque que la nouvelle génération n’est pas carriériste. C’est donc à nous de les accompagner le plus longtemps possible, tout en sachant qu’ils partiront quand même, car ils ont envie de voir autre chose. Les attentes ont évolué. Par exemple, nous avons beaucoup de demandes de congés sans solde, chose que nous n’avions pas avant. Cet été, ils veulent tous être en vacances en même temps, ce n’est pas facile ! On essaie de les écouter et de faire ce que l’on peut pour leur donner satisfaction. Mais, parfois, il faut savoir dire non. Nous essayons aussi de nous démarquer d’autres salons, en proposant par exemple des tickets restaurant, des primes avantageuses, et beaucoup de formations.
Françoise Le Ho : Pour recruter, nous misons sur l’apprentissage, et nous formons énormément. Les jeunes en formation sont notre vivier de recrutement. Je trouve que la nouvelle génération est plus exigeante et n’a pas peur de demander des choses, que ce soit sur le salaire, les repos et vacances. C’est donc à nous aussi de les accompagner au quotidien, de leur montrer qu’il faut approfondir. Leur priorité est d’abord leur temps libre, et le salaire. Il faut aussi pouvoir leur expliquer qu’il faut de l’équité au sein de l’équipe, qu’on ne peut pas accorder tout à l’un et rien à l’autre. Il faut prendre le temps de communiquer avec eux.