Nouveauté [Podcast] Les voix de l'entrepreneuriat en franchise
Premier pas en franchise

Témoignages : les franchisés face au casse-tête des congés d’été

Gérer les congés d’été sans créer de déséquilibre dans l’équipe ? C’est un défi pour beaucoup d’employeurs, même quand tout semble bien organisé. Selon une étude SD Worx, 63 % des salariés de bureaux ressentent une pression supplémentaire pendant cette période. En franchise, où la saison peut représenter une part essentielle du chiffre d’affaires, ces enjeux prennent une dimension encore plus stratégique. Témoignages de franchisés confrontés à cette équation délicate.

Anne-Laure Merceron, franchisée Franck Provost

Franchisée depuis 2016, elle gère 3 salons et 40 salariés aux Sables-d’Olonne et La Roche-sur-Yon (85).

Nous commençons à parler des congés d’été dès la fin de l’année, vers décembre. Les salariés savent qu’il y a des périodes où on ne peut pas poser, notamment parce que nous sommes sur des emplacements touristiques. Aux Sables-d’Olonne, nos deux meilleurs mois sont août et décembre, et à la Roche-sur-Yon, le mois d’août est le deuxième meilleur de l’année.

À partir du 15 août, j’ai 100 % de mon effectif. Et début août, il n’y a jamais deux personnes en congés en même temps. Je voudrais pouvoir embaucher pour que mes équipes puissent prendre leurs congés pendant cette période. Tout le monde serait content. Mais on n’y arrive pas, recruter une coiffeuse juste pour la saison, c’est impossible, ou alors, il faut une rémunération plus élevée que celle des coiffeuses du salon, voire lui fournir le logement. Ce ne serait pas équitable pour les collaborateurs présents toute l’année.

Au fil des années, les attentes des salariés ont évolué. Aujourd’hui, nous n’avons plus le choix. Avant, le collaborateur comprenait qu’il pouvait ne pas avoir de congés sur des périodes de forte activité. Désormais, les collaborateurs disent comprendre, mais font valoir leurs contraintes personnelles.

Ma seule méthode est d’écouter et de faire des concessions. Expliquer les contraintes qu’on a et comprendre les leurs. Car c’est un sujet qui peut nous faire perdre un collaborateur à long terme. Mais rater une saison est souvent synonyme de ne pas réussir son année, jusqu’à remettre en cause la pérennité de l’entreprise, qui a fait des crédits et des investissements. J’ai pris le parti d’écouter, négocier, proposer des week-ends prolongés… En bref, échanger pour trouver des solutions.

Alain Truc, franchisé de trois restaurants du Groupe Bertrand et de Carrefour

Alain Truc a un restaurant Léon à Cergy (95), ainsi qu’un Volfoni et Hippopotamus à Éragny (95). Il gère 70 personnes sur les 3 restaurants, et est également franchisé Carrefour.

Selon moi, il faut d’abord être clair à l’embauche, en expliquant comment vont s’organiser les congés d’été. Ensuite, il faut être équitable, en veillant à ce que tout le monde ait le même nombre de semaines de congés en été. Et il faut prioriser en fonction de l’ancienneté et des vies personnelles de chacun (selon s’ils ont des enfants par exemple).

On a un restaurant plus saisonnier, le Léon à Cergy, qui nécessite qu’on prenne des renforts pour l’été. Pour tous les restaurants, les congés seront plutôt en juin et septembre. Il faut donc que les règles soient claires dès le départ. Mais je ne dis pas que c’est simple et que tout le monde l’accepte.

Chez Carrefour, nous avons un peu l’effet l’inverse : il y a une baisse de l’activité l’été. Il y a des règles, par exemple celle de ne pas prendre plus de trois semaines sur juillet-août, et ceux qui ont des enfants sont prioritaires. Pour anticiper, nous posons les congés 10 mois à l’avance. Dès fois, on fait un peu la police : par exemple, si une personne est partie en juillet, et que l’année d’après, son collègue veut partir en juillet, ce sera à son tour.

Nous regardons avant tout les besoins en termes d’activité pour ne jamais être en sous-effectif, et le dernier recours est de prendre du renfort. Tout le monde y met du sien. L’essentiel est de ne pas accorder de passe-droit. Car si vous accordez une chose à l’un sans le faire pour les autres, c’est le début des ennuis.

Julie Darcy et Damiens Garcia, franchisés Amorino

Julie Darcy, franchisée à Dijon depuis 2023.

Le principal défi à relever, c’est la gestion du personnel. En hiver, j’ai 5 personnes (2 temps plein et 3 temps partiels), et 10 en été, avec des quotas horaires variant de 15 à 35 heures.

En ce moment, j’ai 10 collaborateurs, car c’est le plein été. Nous sommes ouverts 7 jours sur 7 et jusqu’à minuit tous les soirs. On commence à élargir l’équipe en avril, jusqu’à fin septembre. Mais il est compliqué de trouver des jeunes motivés. Une semaine, ça va, mais deux mois ou plus, c’est compliqué.

Damiens Garcia, gestionnaire d’une boutique Amorino à Reims depuis 2017.

Notre activité est soumise à la saisonnalité. Je réalise entre 40 et 45 % de mon chiffre d’affaires annuel de juin à août. Pour gérer cela, nous anticipons les recrutements et les formations internes.

Les saisonniers, plutôt des jeunes et étudiants, ne viennent pas pour faire carrière mais pour gagner de l’argent de poche. Ils vont ainsi combler les absences des congés d’été, en signant des CDD, temps partiels, et contrats saisonniers. Tous mes salariés en CDI ont fait des demandes de congés qui ont été validées. Je ne vais pas me plaindre, j’ai un turn-over assez faible.

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