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En 2025, les Français renouent avec le neuf… mais à petit prix

Avec 3,5 milliards de pièces neuves achetées en 2024, la consommation textile repart à la hausse, portée par l’habillement adulte, les baskets et les plateformes en ligne, selon le baromètre consommation de Refashion. Un rebond marqué par la domination du low cost et une structuration continue du marché de la seconde main.

C’est une inflexion discrète, mais révélatrice. Après un repli en 2023, les ventes de textiles, de chaussures et de linge de maison ont repris de la vigueur en France. Selon le baromètre annuel de Refashion, l’éco-organisme agréé de la filière textile, 3,5 milliards d’articles neufs ont été mis sur le marché en 2024, contre 3,4 milliards l’année précédente. Une progression modérée (+2,9 %), mais qui se répercute sur presque tous les segments.

Les chaussettes et les pulls, moteurs inattendus du vestiaire

Le cœur de cette reprise ? L’habillement adulte, qui capte 82 % des volumes écoulés. Les Français ont acheté en moyenne 42 pièces d’habillement par personne, un chiffre en légère hausse par rapport à 2023, porté par une augmentation des achats chez les femmes (+4,1 %) et les hommes (+3,5 %). À l’inverse, les achats pour bébés ont reculé de 5,4 %, pénalisés à la fois par la baisse des naissances et par le succès croissant du marché de la seconde main.

Dans le détail, les segments les plus dynamiques sont souvent les plus invisibles. Les sous-vêtements, chaussettes et articles de lingerie concentrent 37 % du volume d’habillement (+3,8 %), devant les t-shirts (+2,6 %), les pantalons/jeans (+8,6 %) et les pulls (+8,2 %). Cette dernière catégorie progresse notamment dans le vestiaire féminin, en partie grâce à une météo fraîche persistante au printemps.

Le boom des baskets, amplifié par les JO

S’il est une catégorie qui ne connaît pas la crise, c’est bien celle des chaussures sportives. En 2024, les Français ont acheté 107 millions de paires de sneakers, soit 41 % de l’ensemble des chaussures mises sur le marché, en hausse de 6,8 %. Cette progression spectaculaire s’explique par l’usage devenu quasi universel de la basket, y compris hors contexte sportif, mais aussi par un effet d’aubaine : les Jeux olympiques de Paris ont dopé l’imaginaire collectif autour de la performance et du style décontracté.

À l’opposé, les chaussures d’été enregistrent un net recul (-7,4 %), en raison notamment d’un été particulièrement pluvieux. Les bottines chutent de 12 %, tandis que les chaussures basses et les bottes affichent une croissance plus marginale.

Linge de maison : un marché dopé par la vente en ligne

Le linge de maison reste, lui aussi, bien orienté, avec 362 millions d’articles vendus, en croissance de 9,3 %. Ce segment bénéficie de l’arrivée massive de pure players spécialisés et de la dynamique des plateformes de déstockage. Le linge de lit, qui représente un tiers du marché, connaît une hausse de 14,8 %, tandis que le linge de table progresse de 21,2 %, confirmant un regain d’intérêt pour l’équipement domestique.

Derrière cette embellie relative, le moteur principal reste le prix. En 2024, 71 % des articles achetés étaient d’entrée de gamme, dont 39 % à moins de 4,20 € pièce. Le prix moyen d’un article neuf s’établit à 15,60 €, en baisse tendancielle par rapport aux années antérieures. L’entrée de gamme « très accessible » est le seul segment en croissance (+2,7 %), tandis que le milieu et le haut de gamme continuent de reculer.

Ce glissement vers le bas s’accompagne d’une mutation des canaux de distribution. Les pure players – marques vendant exclusivement en ligne – ont vu leurs volumes bondir de 29,9 % en un an. Les soldeurs progressent aussi de 10,3 %. 

La seconde main s’installe dans les pratiques

Parallèlement, le marché de la seconde main confirme son ancrage, bien que les données portent sur 2023. Plus d’un tiers des Français ont acheté au moins un article d’occasion, pour une moyenne de 7,3 pièces par personne. Le canal dominant reste le C2C (vente entre particuliers), qui représente 46 % des volumes redistribués, porté notamment par la plateforme Vinted, citée comme un acteur central du paysage.

L’économie sociale et solidaire (Emmaüs, Ressourceries, etc.) capte 33 % du marché, et les revendeurs professionnels (friperies, corners en ligne) 21 %. Côté prix, le vêtement de seconde main se négocie en moyenne à 9,50 €, contre 15,60 € en neuf. Les structures solidaires proposent des prix planchers, autour de 3 € pièce, ce qui leur permet de toucher un public plus large et plus précaire. Avec plus de 50 000 points de collecte en France, le potentiel de tri et de réutilisation existe, mais reste insuffisamment mobilisé. Réparation, recyclage, réemploi : les leviers sont identifiés. Encore faut-il que les comportements suivent.

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