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Naf Naf en sursis : quel avenir pour l’enseigne ?

Ce jeudi 7 août, le tribunal de commerce de Bobigny a tranché sur l’avenir de Naf Naf. C’est le groupe Beaumanoir qui reprendra partiellement l’enseigne.

Mise à jour le 07/08/2025 : Ce jeudi 7 août, le tribunal de commerce de Bobigny a tranché sur l’avenir de Naf Naf. C’est le groupe Beaumanoir (propriétaire entre autres de Cache Cache, Caroll, et Morgan) qui reprendra partiellement l’enseigne, selon l’AFP. Ce rachat comprend la reprise de 12 boutiques, qui ont vocation à être cédées à 4 marques appartenant au groupe Beaumanoir.  L’offre prévoit également la reprise de 47 CDI ainsi que 250 offres de reclassement, qui, selon la CFDT, « concerneraient en réalité très peu de salariés intéressés ».

Naf Naf, emblématique marque française du prêt-à-porter féminin, traverse une période de turbulence. Fondée en 1973, elle a été marquée par des changements d’actionnaires et plusieurs redressements judiciaires ces dernières années. Un an après avoir été reprise par Migiboy Tekstil (juin 2024), la marque a de nouveau été placée en redressement judiciaire le 30 mai 2025, soulignant la fragilité du secteur et l’incertitude persistante pour ses salariés et affiliés.

Pour rappel, plusieurs candidats étaient prêts à reprendre une partie des actifs de l’enseigne, mais seuls deux groupes ont remis des offres significatives : Amoniss (propriétaire de Pimkie), qui proposait de reprendre 165 salariés et 34 magasins sur une centaine, et Beaumanoir, qui prévoyait de reprendre un cinquantaine de salariés et seulement 12 magasins pour les basculer sous ses propres enseignes. Faute de solution retenue, l’enseigne serait vouée à la liquidation.

Un avenir incertain pour les affiliés et salariés   

Au moment du redressement, Naf Naf comptait 102 magasins en propre, 11 affiliés et un réseau de corners et magasins à l’étranger. Aucune des offres actuelles ne prévoit la préservation intégrale du réseau. Chacune vise à sauvegarder les points de vente les plus rentables ou stratégiques, un choix qui laisse planer un doute majeur sur la survie des contrats d’affiliation. 

Le syndicat CFDT, s’il reconnaît en Amoniss l’offre la plus protectrice des emplois restants et de l’identité Naf Naf, explique avoir émis un avis défavorable du fait des risques opérationnels, financiers et sociaux. « La CFDT doute de la capacité d’Amoniss à financer simultanément Pimkie et Naf Naf, et à faire face aux imprévus liés à la conjoncture économique ou à un retard d’exécution du plan », peut-on lire dans un communiqué publié le 23 juillet 2025. « Malheureusement, la casse sociale reste inévitable dans les deux cas. Même si l’offre de Beaumanoir apparaît plus favorable qu’une liquidation judiciaire, elle ne concerne qu’une part très réduite des salariés », déplore le syndicat.

Un secteur fragilisé

Les difficultés de Naf Naf sont symptomatiques d’un secteur frappé par plusieurs crises. La pandémie, l’évolution des habitudes de consommation avec l’essor des plateformes en ligne comme Shein et Temu, et une consommation en berne face à l’inflation ont conduit plusieurs enseignes au redressement judiciaire, comme Jennyfer, Natalys ou encore Blue Box. Pour Jennyfer, la liquidation judiciaire prononcée le 30 avril dernier s’est soldée par la reprise de 26 magasins (18 par Celio, 8 par Beaumanoir), préservant environ 350 emplois sur plus d’un millier.

Concernant Naf Naf, l’ancien plan de Migiboy Tekstil promettait la sauvegarde de 90% des emplois et de 100 magasins, mais la trésorerie n’a pas suivi et le plan de relance a échoué. D’après l’AFP, la dette de l’enseigne s’élève à 44 millions d’euros, tandis que son chiffre d’affaires en 2024 a atteint 47 millions d’euros. La succession de procédures collectives a conduit la CFDT à dénoncer « un gâchis social considérable, résultat de décisions de gestion erratiques prises par les différentes directions successives ».

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