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Distribution alimentaire : Le bio reprend des couleurs

Après plusieurs années de turbulences, le marché du bio semble avoir inversé la tendance. Avec une croissance estimée à plus de 8 % dans les magasins spécialisés, le secteur amorce un redémarrage prudent. Alors que les enseignes spécialisées tentent de maintenir leur position, les acteurs de la grande distribution réorganisent leur approche…

Le bio délaissé par la distribution généraliste ?

En 2020, le marché du bio représentait selon l’Insee près de 13 milliards d’euros en France. De quoi attirer les acteurs de la grande distribution qui ont lancé leurs propres gammes de produits bio. « À ce moment-là, nous étions sur de très grosses progressions, portées à la fois par la grande distribution et par le marché spécialisé, raconte Frédéric Faure, vice-président de Biocoop. Nous étions sur des croissances à deux chiffres, atteignant parfois plus de 20 %. Puis, le retournement du marché a eu lieu en 2021 et 2022, avec des décroissances très importantes. » Le marché a percuté de plein fouet la crise liée à l’inflation et a souffert de l’éparpillement des acteurs. Depuis, 550 magasins ont fermé, dont 298 en 2023, pour seulement 32 ouvertures la même année. Les principaux acteurs spécialisés, Biocoop, Naturalia et La Vie Claire, ont eux aussi fermé des points de vente, mais ce sont aussi les enseignes qui ont pu en rouvrir.

Les fermetures ont ainsi profité aux réseaux les plus importants, à l’instar de Biocoop, leader du marché spécialisé avec 46,5 % des parts de marché en France, ou de La Vie Claire, réseau historique spécialisé dans le bio en France, qui a commencé à remonter la pente en 2024. Après des années noires, ses ventes se sont stabilisées en 2023, avant de réaliser une croissance de 8 % en 2024, pour 331,4 millions d’euros de chiffre d’affaires. Mais le rapport de la grande distribution au bio a également chamboulé le secteur. « Il y a eu une récupération d’une part de marché délaissée par la grande distribution, confirme Frédéric Faure. Et puis il y a un phénomène de concentration des acteurs de la distribution spécialisée. »

Au niveau national, Carrefour est, en effet, le premier acteur du bio, avec 24 % de parts de marché (contre 12 % pour Biocoop), suivi par Leclerc et Intermarché notamment. « Il y a eu un désengagement très significatif de la grande distribution qui, il faut quand même le noter, porte près de la moitié du marché bio en France, poursuit Frédéric Faure. Ce leadership a été déconstruit par le parti pris de la grande distribution de se désengager, de manière physique et économique, des filières bio. Elle a fait ce qu’elle sait faire en temps de crise : elle se met au tempo de ce qui lui semble être le plus profitable et ne répond plus à la demande immédiate. »

La grande distribution a effet contribué à cette crise en reléguant le bio au second plan, dans un contexte de tensions sur les prix, d’après le rapport de La Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) publié en avril 2024. « L’inflation marque le retour à des stratégies recentrées sur la guerre des prix, au détriment de la durabilité et en particulier du bio », peut-on lire dans son dernier rapport. La fondation dénonce, entre autres, une rationalisation des assortiments bio (diminution du nombre de références), notamment parmi les marques nationales généralistes (-19 % entre 2022 et 2023 d’après Circana), ainsi que la fermeture de magasins spécialistes du bio, comme les magasins Leclerc Bio.

Pour Laurent Delafontaine, fondateur et dirigeant du cabinet Axe Réseaux, le bio souffre toujours de cette crise. « Le secteur a été rattrapé par d’autres types de marchés, que ce soit la proximité, ou l’ultra local, avec, par exemple, des fermes qui vendent directement leurs produits. Les enseignes de surgelés ont également pris leurs parts dans le bio. Typiquement, on retrouve bien moins d’enseignes spécialisées dans le bio au salon de la franchise. » En ce qui concerne les enseignes spécialisées, Naturalia, un des principaux acteurs, a proposé des contrats de franchise, ou, plus récemment, de location-gérance, pour poursuivre son développement. L’enseigne du groupe Casino a par ailleurs lancé un nouveau concept, La Ferme, qui s’adresse désormais à la franchise. En avril 2025, Naturalia a converti le magasin de son franchisé à Boulogne au nouveau concept, qui en fait la première franchise La Ferme.

« Le marché redémarre. Tous les acteurs sont unanimes, estime Ashvin Mungur, directeur du réseau de franchise de Naturalia, pour qui l’année 2024 a été « bien meilleure que les précédentes. » Et pour cause, le marché du bio pesait plus de 13 milliards d’euros en 2024, selon l’Agence Bio, soit autant qu’en 2020, après avoir connu une légère baisse de vente de produits (-5 % entre 2020 et 2023). À noter qu’en 2024, 30 % des Français déclaraient consommer bio au moins une fois par semaine, un taux similaire à celui constaté l’année précédente, d’après le Baromètre de la consommation de produits alimentaires biologiques réalisé par L’ObSoCo pour l’Agence Bio.

Allez plus loin

Lisez la suite de ce dossier dans L’Officiel de la Franchise n°251 de juin 2025.

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