Nouveauté [Podcast] Les voix de l'entrepreneuriat en franchise
Se lancer en franchise

Nos conseils pour ouvrir une franchise dans le bassin méditerranéen

Avec ses centres‑villes à revitaliser, ses pôles commerciaux puissants et son attractivité touristique, le bassin méditerranéen offre un terrain contrasté, mais prometteur, pour les enseignes en franchise. Si certaines zones se prêtent davantage au commerce indépendant, d’autres, comme Aix‑Marseille, Nice ou Montpellier, attirent de plus en plus de réseaux. À condition d’adapter sa gamme et de bien choisir son implantation.

Un dynamisme confirmé par les chiffres

Le constat de Corinne Pellegrini, à la manœuvre du salon Business Franchise Méditerranée, est sans appel : “Il faut recréer de la vitalité commerciale dans les centres‑villes. La franchise est l’un des leviers d’attractivité les plus efficaces.” L’élue de la CCI métropolitaine Aix‑Marseille‑Provence souligne que “la région Sud‑Est est la deuxième région après l’Île‑de‑France qui compte le plus de franchisés, avec 24 % qui s’y installent”.

La 21e enquête de la FFF/Banque Populaire confirme le dynamisme de la région, avec deux zones en tête des ouvertures de franchises : le Sud‑Est (28 %) et l’Ouest (27 %). Une dynamique régionale qui s’appuie fortement sur la vitalité de la métropole Aix‑Marseille‑Provence, qui concentre 27 pôles commerciaux de plus de 10 000 m², avec 43 000 commerces et services.

Dans le détail, l’élue révèle des données chiffrées éclairantes sur les grands pôles de la métropole. Marseille (980 000 habitants) polarise 410 000 m² de surface de vente en centre‑ville et 4 700 commerçants et artisans, dont 19 % d’enseignes nationales, avec un potentiel de consommation de 4,8 milliards d’euros. Aix‑en‑Provence (360 000 habitants) rassemble, de son côté, 123 650 m² de surface de vente, avec 1 700 commerçants et artisans, 26 % d’enseignes nationales et un potentiel de consommation de 800 millions d’euros.

Nicolas Louis‑Amédée, product manager chez Ciril Group, éditeur de solutions et études géomarketing, pointe du doigt une région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur historiquement classée à la 7ᵉ ou 8ᵉ place en termes d’intention d’ouverture en franchise. Un classement qu’il explique par le fait que “le territoire est plus propice à la création de commerces indépendants, avec une identité locale assez forte. Quand on est Marseillais, on privilégie des concepts du Sud de la France.”

Si la région ne souffre pas d’un problème d’attractivité touristique ou économique, il souligne néanmoins que les terres du bassin méditerranéen sont “moins enclines aux enseignes”. Preuve en est, la “plus faible proportion du commerce en franchise que dans le reste de la France”. Et de citer l’exemple de Sainte‑Maxime, qui affiche seulement 20 % de commerces sous enseigne, contre 36 % pour les villes de taille comparable, ou Nice, où la part de magasins sous enseigne tombe à 16 %, contre 22 % ailleurs.

Il prévient que “dans ces territoires, le succès d’une implantation repose sur une équation plus exigeante qu’ailleurs : le concept, l’enseigne, la typologie de la ville et l’emplacement doivent être parfaitement alignés”. Néanmoins, la région se redresse nettement cette année, gagnant trois places au classement.

Un sursaut qui est, selon lui, porté par deux départements : les Alpes‑Maritimes et le Vaucluse, “avec principalement Avignon et Pertuis” pour le Vaucluse, précise‑t‑il. “C’est une région hétérogène et paradoxale, avec à la fois des zones de consommation classiques, propices aux enseignes, comme Cannes et Nice, mais également des centres‑villes comme celui d’Aix‑en‑Provence, plus traditionnels, qui connaissent une forte saisonnalité avec un afflux de touristes fort en été et sont davantage tournés vers le commerce indépendant, les produits locaux et les souvenirs”, détaille‑t‑il.

Les Alpes‑Maritimes en pole position

Première polarité, à l’extrême sud‑est de la région Paca : le département des Alpes‑Maritimes, avec des villes dynamiques comme Nice, Cannes et Antibes, qui “donnent envie d’ouvrir en franchise car elles bénéficient d’une bonne activité économique, d’un fort pouvoir d’achat et d’un dynamisme culturel”, souligne Nicolas Louis‑Amédée.

Nice, qui abrite à la fois une population plus âgée que dans d’autres villes et des jeunes aux revenus plus importants, a “un double visage”, ajoute‑t‑il. “Si je schématise, il faut aller à Nice et Cannes si l’on cible les personnes âgées et à Montpellier pour la population étudiante”, compare‑t‑il. Cannes et Nice, pratiquement similaires en termes de TAC (territoire d’attractivité commerciale), avec respectivement 544 000 et 594 000 habitants, sont “très attractives”, glisse Nicolas Louis‑Amédée.

De la même manière, dans le département voisin du Var se trouvent Toulon, avec de nombreux territoires soumis au tourisme balnéaire comme Saint‑Tropez, Six‑Fours‑les‑Plages, Bormes‑les‑Mimosas ou Gassin. Même constat en Occitanie, avec de grosses villes comme Montpellier, Béziers ou Perpignan, qui comptent bon nombre de plus petits territoires entre.

Et de résumer ainsi la dualité du bassin méditerranéen : “On alterne entre de gros territoires de consommation locaux qui ont une activité économique très forte et une bonne consommation en franchise avec des territoires plus petits et touristiques, davantage soumis à la saisonnalité et moins propices pour la franchise dans certains secteurs d’activité.”

Allez plus loin

Lisez la suite de ce dossier dans L’Officiel de la Franchise n°252 de juillet-août 2025.

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