1. Ne pas explorer suffisamment de réseaux de franchise
C’est peut-être l’une des premières erreurs commises par les candidats à la franchise. Attirés par une ou deux enseignes, ils ne prennent parfois pas le temps de comparer les propositions avec celles d’autres franchiseurs. « En moyenne, un candidat voit deux à trois franchiseurs. Je trouve que c’est trop peu, confirme Sylvain Bartolomeu, président de Franchise Management. Il faut élargir le champ des possibles par rapport à l’apport dont on dispose, et sortir des secteurs de prédilection pour comparer les discours et les positionnements des franchiseurs. »
Selon lui, il faut se méfier des coups de cœur : « On n’est pas dans une posture de salarié qui cherche un job, mais dans celle d’un futur chef d’entreprise qui cherche le meilleur partenaire possible. Il faut voir 5 ou 6 concepts qui nous paraissent cohérents, sur lesquels on peut se positionner, pour comparer au maximum. C’est fondamental. »
2. Choisir une franchise par effet de mode plutôt qu’en fonction de ses compétences
Un concept qui fonctionne peut forcément attirer les candidats : ils cherchent, par définition, un projet rentable. Il faut cependant garder en tête qu’un concept peut sembler prometteur à court terme mais ne pas être viable sur 10 ans. « La franchise ne se base pas sur les effets de mode. Les tendances vont et viennent », prévient Sylvain Bartolomeu.
Il sensibilise également les candidats sur leur manière de raisonner. « En général, on choisit sa franchise en fonction de ce qu’on aime faire ou non. Mais il vaut mieux réfléchir à quoi on est bons, c’est-à-dire les attendus en tant que chef d’entreprise. Est-ce que c’est un métier où il va y avoir du management ? Ou le franchisé va-t-il devoir faire des actions commerciales ? Il faut raisonner par rapport à son rôle. La réussite du projet va dépendre du franchisé. »
3. Sous-estimer le fait de devenir indépendant
Le franchisé est un commerçant indépendant, et non pas un salarié du réseau. Une frontière qui peut être floue pour certains franchisés. « C’est pour moi l’une des plus grandes erreurs : sous-estimer le fait qu’ils ne sont pas salariés. Car derrière, ils vont trop compter sur leur partenaire contractuel, à savoir le franchiseur », explique François-Xavier Awatar, avocat spécialisé dans la franchise.
Plusieurs erreurs peuvent en découler. Les franchisés risquent, par exemple, de ne pas assez analyser le marché local, en se reposant uniquement sur le franchiseur. « Les candidats vont rarement faire une étude de marché, déplore l’avocat. Ils ont également tendance à négliger les prévisionnels de chiffres. En tant qu’indépendant, il doit travailler sur les perspectives de rentabilité, la masse salariale, etc. »
4. Se fier aveuglément aux promesses du franchiseur
La rencontre avec le franchiseur va être déterminante. Avoir un « feeling » avec la tête de réseau est important, mais attention aux promesses qui se substituent à de vrais gages de confiance. « Il faut absolument se méfier des promesses. Surtout en ce moment, il y en a partout, déplore le président de Franchise Management.
Il conseille ainsi aux candidats de bien étudier l’attitude du franchiseur. « Est-ce qu’il est, dans son attitude, dans sa manière de fonctionner, raccord avec la déontologie du métier ? Est-ce qu’il est en vente ou en sélection ? Si les franchiseurs sont en posture de vente, c’est un mauvais signal. Tandis que ceux qui se positionnent en sélection vont écouter, puis challenger les candidats. Ils ne vont pas forcément vendre leur concept, mais observer si le candidat est capable de le réitérer. Cela est plutôt rassurant. »
5. Signer un contrat sans accompagnement juridique
Nos deux experts s’accordent à le dire : le DIP et le contrat ne doivent jamais être lus seuls. « Un contrat se comprend quand on connaît le contexte, poursuit Sylvain Bartolomeu. Un franchisé qui n’a jamais eu d’entreprise ne sait pas dans quel contexte va s’appliquer ce contrat. »
En effet, certaines clauses qui peuvent paraître anodines vont avoir des conséquences lourdes sur l’indépendance du franchisé. « On peut lire une clause en pensant qu’elle semble anodine, mais quand on est dans le contexte, cela a une résonance totalement différente. Il faut s’entourer de personnes qui connaissent le contexte et qui vont pouvoir dire concrètement ce que cela va avoir comme incidence sur l’entreprise, sur le quotidien et l’indépendance du franchisé. » Faire appel à un avocat spécialisé en franchise est donc fortement recommandé pour anticiper les risques liés au contrat.
Retrouvez l’article complet : « 10 erreurs à éviter quand on se lance en franchise », dans notre magazine d’avril 2025.