Quel est votre rôle au sein du groupe Delineo ?
Charles Vexiau : J’ai récemment rejoint le groupe pour développer le réseau en France. Nous avons en réalité deux services développement qui travaillent ensemble, même si nos périmètres sont différents. Une équipe s’occupe de l’international et de l’activité travel retail. C’est une activité très importante pour nous, puisqu’elle représente près de 80 % de notre activité, notamment sur les autoroutes, dans les gares et les aéroports.
De mon côté, je suis chargé de développer les implantations en centres-villes, dans les centres commerciaux et en périphérie pour nos trois enseignes, avec l’objectif de travailler notamment avec des franchisés indépendants. Sur la partie que je développe, nous comptons environ une trentaine de points de vente et une dizaine de franchisés. Le réseau se répartit à peu près à parts égales entre succursales et franchises.
Pouvez-vous présenter les trois marques du groupe et expliquer en quoi elles sont complémentaires ?
C.V. : Le groupe Delineo s’est construit autour de plusieurs enseignes. Il y a d’abord Maison Pradier, une maison historique créée en 1850, très patrimoniale et particulièrement présente à Paris. Lors du rachat par le groupe, plusieurs points de vente ont été fermés, notamment parce que le fonctionnement reposait sur un laboratoire central qui livrait les boutiques, ce qui n’était pas compatible avec la stratégie de La Croissanterie, qui privilégie des laboratoires directement dans les restaurants. Ensuite, il y a Roberta, qui existait initialement avec un seul établissement à Bercy et qui se développe aujourd’hui sous plusieurs formats. Enfin, il y a La Croissanterie, l’enseigne historique du groupe et la plus développée.
Ces trois marques sont très complémentaires. La Croissanterie s’inscrit dans un univers très accessible, mass market. On peut par exemple s’implanter dans des centres-villes très vivants ou à proximité de grandes enseignes, avec une clientèle jeune, parfois étudiante. Maison Pradier se positionne à l’inverse sur un environnement plus premium. Roberta se décline en deux formats : Roberta Caffè, un concept rapide proche de l’univers coffee shop, et Roberta Ristorante, un véritable restaurant italien.
La Croissanterie.
La Croissanterie et Maison Pradier sont-elles plutôt des offres de snacking ou des lieux où l’on peut rester consommer sur place ?
C.V. : Historiquement, le groupe vient du snacking. La Croissanterie est même l’une des premières enseignes françaises à avoir proposé une forme de street food à la française. Le fondateur a notamment introduit le panini en France. Avec le temps, l’offre s’est enrichie : sandwiches, salades, plats chauds… Aujourd’hui, les clients ne veulent plus seulement un sandwich rapide le midi. Ils souhaitent aussi pouvoir s’asseoir et manger un plat chaud dans un cadre agréable. C’est pourquoi les restaurants évoluent pour proposer davantage de places assises et différents espaces : tables hautes pour manger rapidement, tables classiques pour déjeuner et espaces plus confortables avec canapés.
Observez-vous de nouvelles tendances de consommation dans la restauration ?
C.V. : Le marché évolue beaucoup. On voit émerger de nombreuses enseignes spécialisées dans un seul produit, comme la gaufre ou la boisson chaude. Ce sont des choses que nous proposons déjà depuis longtemps, mais que nous devons parfois mieux mettre en avant.
Une tendance importante concerne ce que j’appelle le “vouloir d’achat”. Au-delà du pouvoir d’achat, les consommateurs arbitrent davantage leurs dépenses. Certains apportent par exemple leur repas le midi, mais lorsqu’ils décident de dépenser de l’argent, ils veulent se faire plaisir dans un lieu agréable avec une offre gourmande. Le repas du midi a également tendance à se déstructurer : certains mangent très tôt, d’autres beaucoup plus tard dans l’après-midi.
Maison Pradier.
Quel est aujourd’hui le produit phare de La Croissanterie ?
C.V. : Le produit le plus vendu est probablement le café, ce qui peut sembler surprenant. Mais j’ai aussi été impressionné par le succès de certains produits très traditionnels, comme les sandwiches au thon, qui restent extrêmement populaires.
Quelles sont vos ambitions de développement pour les prochaines années ?
C.V. : Notre objectif est d’ouvrir 50 nouveaux points de vente en trois ans. Sur La Croissanterie, la dynamique est déjà forte. Plusieurs ouvertures ont eu lieu récemment et 17 projets sont déjà sécurisés pour 2026. Concernant Roberta Ristorante, les premières franchises devraient voir le jour à partir de 2027. Nous cherchons aujourd’hui les premiers partenaires capables d’être pionniers dans le réseau.
Roberta Caffè.
Quel investissement faut-il prévoir pour ouvrir un établissement ?
C.V. : Cela dépend du projet et du local. Globalement, l’apport personnel recherché se situe autour de 150 000 €, pour un investissement total souvent autour de 400 000 €. Pour Roberta Ristorante, on peut démarrer autour de 500 000 €, mais certains projets peuvent atteindre 800 000 € ou plus selon les travaux.
Est-il possible pour un franchisé de développer plusieurs enseignes du groupe ?
C.V. : Oui, cela arrive. Les marques étant complémentaires, certains franchisés peuvent commencer avec La Croissanterie puis ouvrir ensuite Maison Pradier ou Roberta. Le fait d’appartenir à un même groupe facilite aussi la gestion, notamment sur les ressources humaines ou la comptabilité.