Nouveauté [Podcast] Les voix de l'entrepreneuriat en franchise
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« L’objectif n’est pas de supprimer des postes, mais de faire mieux grâce à l’IA »

Face à l’essor de l’intelligence artificielle, de nombreux dirigeants peinent encore à mesurer les opportunités comme les risques de ces nouveaux outils. Dans "Votre entreprise IA FIRST : Guide du leadership augmenté par l’IA responsable" (éditions GERESO), Éric Reinbold, spécialiste du numérique responsable, défend une vision pragmatique de l’IA. Il revient sur les bonnes pratiques à adopter pour en tirer parti sans mettre en danger la marque ou l’organisation.

Quelles sont les principales interrogations des chefs d’entreprise que vous accompagnez ?

Éric Reinbold : La plupart des dirigeants qui viennent me voir partent de très loin. Beaucoup ne savent pas du tout à quoi ressemble l’IA ni ce qu’elle permet réellement de faire. Certains ont déjà testé quelques outils, mais le niveau de maîtrise reste souvent très basique. Sur la franchise, j’ai identifié un sujet particulièrement important : la protection de la marque. Dans un réseau de franchise, la réputation est essentielle. Or, avec l’IA, une erreur peut très rapidement porter atteinte à cette réputation. Le franchiseur ne maîtrise pas toujours tout ce qui se passe au sein du réseau. C’est pourquoi la gestion de l’IA et la protection de la marque me semblent encore plus importantes dans cet univers.

Quelles sont les erreurs que vous observez chez les entreprises qui utilisent l’IA ?

E.R : La première erreur consiste à confier le sujet uniquement au service informatique. Dans ce cas, l’IA reste un simple outil technique et ne produit pas les résultats attendus. Beaucoup d’entreprises se plaignent aujourd’hui de ne pas constater de retour sur investissement. C’est souvent parce qu’elles ont installé des outils sans réfléchir à la manière dont l’IA pouvait augmenter la valeur globale de l’entreprise. Pour moi, l’objectif n’est pas de réduire les coûts ou de supprimer des postes. L’objectif est de faire mieux et davantage grâce à l’IA.

Quels sont les usages particulièrement efficaces de l’IA en entreprise ?

E.R : La première chose à mettre en place est une charte d’utilisation de l’IA. Cette charte peut tenir sur une simple page. Elle doit définir : les pratiques interdites, les règles de contrôle, les outils autorisés et les licences acceptées. Une règle fondamentale consiste à ne jamais publier un contenu généré par une IA sans l’avoir vérifié. Concernant les usages, les gains de temps les plus visibles se situent aujourd’hui dans la communication, le marketing, la production de supports, les tâches répétitives et l’administratif. Pour les franchises, c’est particulièrement pertinent puisque leur modèle repose sur la duplication de concepts, de procédures et de méthodes. L’IA excelle dans ce type de contexte. Elle peut également intervenir dans la sélection de candidats, les études de marché ou encore les analyses de zones de chalandise. Aujourd’hui, il est même possible de connecter une IA à des bases de données afin qu’elle produise automatiquement des tableaux de bord, des synthèses et des comptes rendus.

Quels outils recommandez-vous aujourd’hui ?

E.R : Même si mon livre ne recommande aucun outil en particulier, si je regarde le marché actuel, l’outil le plus performant et celui qui évolue le plus rapidement est clairement Claude, développé par Anthropic. Pour tout ce qui touche à l’analyse, à la réflexion, à la rédaction ou à la recherche, c’est selon moi la référence actuelle. En revanche, pour la création graphique, je recommande plutôt Nano Banana de Google. Les métiers de l’analyse et ceux de la création visuelle reposent sur des technologies différentes. Une IA peut être excellente dans l’un de ces domaines sans forcément l’être dans l’autre. Quant à Microsoft Copilot, il est très pertinent dans l’écosystème Microsoft 365, notamment avec Word ou Excel. En revanche, dès qu’il s’agit de recherche approfondie ou d’analyse sur le web, il reste en retrait par rapport à d’autres solutions.

Que signifie le concept de « leadership augmenté » ?

E.R : C’est précisément l’objectif du travail que je mène avec les dirigeants. Le leadership augmenté consiste à permettre aux dirigeants, managers et collaborateurs de travailler avec l’IA pour faire mieux, et non pour remplacer les humains. L’IA peut notamment devenir un véritable partenaire de réflexion. Dans les PME, les dirigeants sont souvent seuls. Ils peuvent utiliser l’IA comme un coach, à condition de bien l’utiliser. Il ne faut jamais prendre une réponse pour argent comptant. Il faut challenger l’IA, lui demander des précisions, lui demander d’identifier les faiblesses d’un raisonnement ou d’un document. L’IA devient alors une extension de nos capacités cognitives. Elle permet également de traiter des volumes d’information qu’aucun humain ne pourrait absorber seul.

Quel conseil donneriez-vous à un chef d’entreprise qui souhaite mieux intégrer l’IA ?

E.R : Le premier conseil est simple : se former et s’informer. Le deuxième est de mettre en place une charte d’utilisation de l’IA. Mieux vaut définir des règles claires, identifier les outils autorisés et sensibiliser les équipes aux risques. Pour moi, c’est le véritable point de départ d’une intégration réussie de l’IA dans l’entreprise.

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