Pouvez-vous revenir sur le développement d’O’Tacos depuis sa création ?
Stéphane Chérel : L’enseigne est aujourd’hui parfaitement connue des consommateurs français. En dix ans, entre 2015 et 2025, nous avons dépassé les 350 points de vente en France. Nous devrions atteindre 360 restaurants très prochainement. Historiquement, nous sommes implantés en centre-ville, qui reste notre cœur de marché, mais nous nous développons désormais aussi en centres commerciaux, en périphérie de ville, en hôtellerie, et même sur autoroute. L’engouement pour le French tacos est toujours très fort, pour une raison simple : cette catégorie est désormais entrée dans les habitudes de consommation.
Comment se porte le marché du French tacos ?
S.C. : À l’origine, c’était un produit très urbain, plutôt consommé par une clientèle jeune masculine. Aujourd’hui, il s’est démocratisé : on le retrouve partout, dans toutes les catégories de population. Il est même présent dans de nombreux établissements de restauration à travers la France.
Le phénomène dépasse d’ailleurs les frontières françaises. Le French tacos est désormais reconnu dans les pays francophones, mais aussi dans d’autres pays européens. On voit des concepts se développer au Danemark, en Italie ou encore à Malte.
Nous nous positionnons clairement comme leaders sur le marché du French tacos. La restauration rapide a connu une forte croissance en France ces dernières années. Parallèlement, la concurrence s’est intensifiée. Aujourd’hui, il faut à la fois regarder les grands acteurs du marché, mais aussi les nouveaux entrants, souvent très agiles. C’est un équilibre permanent.
Quelle est votre stratégie à l’international ?
S.C. : Au sein de notre groupe, nous sommes présents en France, dans le Benelux avec environ 75 points de vente, aux Pays-Bas, en Italie et en Suisse. Nous avons également ouvert récemment dans trois nouveaux pays : le Canada, le Maroc et l’Arabie saoudite.
À l’international, nous adaptons notre modèle. Je dis souvent qu’il faut conserver deux tiers de l’ADN de la marque et adapter un tiers. Cela concerne les produits, les recettes, les combinaisons, mais aussi la supply chain, qui peut devenir locale ou régionale. Cette adaptation est essentielle à la réussite.
Crédit : O’Tacos.
Quelle place occupe l’innovation dans votre modèle ?
S.C. : L’innovation est évidemment clé dans notre métier. Notre gamme évolue peu en profondeur, mais nous lançons des éditions limitées tous les trois mois. Cela nous permet de tester des tendances.
Quand une innovation fonctionne, elle peut intégrer la carte. Par exemple, nous avons testé les bowls il y a deux ans, puis les avons intégrés durablement. Nous travaillons aussi sur les protéines : récemment, une nouvelle recette de poulet, développée sur près de deux ans, est entrée dans le top 3 de nos ventes. Nous ne transformons pas le concept en permanence, mais nous le faisons évoluer progressivement.
Quelle est la place de la franchise dans votre développement ?
S.C. : Notre modèle repose à 90 % sur la franchise. Les succursales ont un rôle complémentaire : démontrer la performance du modèle, ou répondre à des opportunités spécifiques. Mais nous sommes avant tout un réseau de franchisés, en France comme à l’international.
Quels profils recherchez-vous pour rejoindre le réseau ?
S.C. : Nous cherchons avant tout des commerçants et des managers. Le sens du commerce est essentiel, mais la capacité à gérer des équipes l’est tout autant, notamment pour développer plusieurs points de vente.
Nous demandons également un apport financier suffisant pour permettre aux candidats de lever de la dette. Aujourd’hui, un apport minimum d’environ 80 000 euros est nécessaire.
Quel est le modèle économique d’un restaurant O’Tacos ?
S.C. : Le concept est volontairement simple, ce qui facilite l’exploitation. C’est aussi ce qui explique notre développement rapide. Les investissements se situent généralement entre 350 000 et 400 000 euros, avec un retour sur investissement autour de trois ans. Nous avons également travaillé à réduire les coûts pour nous implanter dans des villes plus petites, avec des investissements autour de 300 000 euros.
Le chiffre d’affaires moyen dépend fortement des emplacements : certains restaurants réalisent environ 800 000 euros, d’autres peuvent atteindre 1,6 million d’euros. Tout dépend du loyer, de la zone et du modèle économique local.
Quels sont vos axes de développement en France ?
S.C. : En termes de développement, nous arrivons à maturité sur Paris et l’Île-de-France, avec plus d’une centaine de points de vente. En revanche, il reste un fort potentiel en région. L’année dernière, nous avons ouvert environ 150 restaurants, dont une moitié en centres commerciaux. Cette année, nous prévoyons encore 45 ouvertures, principalement en province.