Le premier constat, c’est que les jeunes en sortie d’études sont rares parmi les créateurs d’entreprises alimentaires. L’âge médian des nouveaux entrepreneurs est de 34 ans, révélant une tendance à se lancer après plusieurs années de carrière. Les profils issus de la finance, du marketing ou encore de la communication sont particulièrement représentés. Ensuite, on apprend que la reconversion professionnelle reste le moteur principal des vocations. Si la proportion de néo-entrepreneurs issus d’un autre secteur diminue légèrement (64 % en 2024 contre 83 % en 2018), le besoin d’accompagnement croît, signe d’un secteur toujours plus complexe.
« Ces néo-entrepreneurs reconvertis apportent au secteur des bonnes pratiques issues de la première partie de leurs carrières, explique Romain Amblard, cofondateur et CEO de Service Compris et organisateur du salon Foodorama. Maîtrise du digital, expérience client, nouvelles formes de management, approche éco-responsable, investissement facilité, transparence de l’approvisionnement : tous ces thèmes ont pendant longtemps été malmenés par la restauration, traditionnelle ou rapide. Mieux les appréhender contribue à faire évoluer la perception et donc l’attractivité du secteur. »
Une féminisation du secteur
Fait surprenant, moins de 10 % des entrepreneurs disposent d’une formation culinaire. La cuisine est un élément clé des nouveaux concepts, mais son exécution est souvent confiée à des professionnels qualifiés. Le baromètre révèle également une augmentation des projets ambitieux, nécessitant des investissements plus conséquents. Le budget moyen pour un premier établissement a bondi de 200 000 euros en 2018 à 332 000 euros en 2024. Une hausse alimentée par l’inflation et l’évolution des attentes des consommateurs, d’après l’étude.
Autre évolution majeure : la féminisation du secteur. En effet, on compte désormais 51,2 % de femmes parmi les nouveaux entrepreneurs. Une tendance portée par des entrepreneurs à succès telles que Myriam Sabet (Maison Aleph) ou Céline Chung (Bao Family). Le portrait-robot de l’entrepreneur dans la food se dessine donc autour de profils expérimentés, qui portent des projets de plus en plus ambitieux.
Enfin, la scène culinaire évolue avec l’essor des cuisines du monde et des concepts hybrides mêlant restauration, vente à emporter et événementiel. L’étude démontre que des villes comme Lille et Nantes émergent également comme de nouveaux pôles dynamiques du secteur, en plus de Paris.