Nouveauté [Podcast] Les voix de l'entrepreneuriat en franchise
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Salles de sport, restaurants, magasins… Quelles leçons les réseaux de franchise ont-ils tirées de la crise du Covid ?

Cinq ans après le premier confinement de mars 2020, les franchises ont dû s’adapter pour surmonter la crise. Entre digitalisation, évolution des modes de consommation et nouvelles stratégies, elles ont parfois dû transformer leur modèle. Keepcool, BoConcept, Hippopotamus et Babychou Services reviennent sur les leçons tirées et les changements adoptés.

Keepcool : rebondir après la tempête

Particulièrement touché par la crise sanitaire, le secteur des salles de sport a connu deux années difficiles avant de remonter la pente. Le groupe Keepcool, qui regroupe les enseignes Keepcool, Neoness et Metabolik, a dû fermer ses salles pendant plusieurs mois à l’annonce du confinement en 2020. « Nous avons été fermés 6 mois en 2020, puis 6 mois en 2021, les salles ayant rouvert à partir de juin 2021, raconte Robin Rochette, aujourd’hui directeur franchise chez Keepcool et présent depuis 2017. Cela a été compliqué pour l’ensemble du secteur. Qui dit fermeture dit absence d’activité et donc de chiffre d’affaires. Nous avons perdu 50 % de nos adhérents. »

Bien que beaucoup d’abonnements aient été suspendus pendant les confinements, la réouverture n’a pas été simple. « Nous avions perdu 50 % de notre chiffre d’affaires à la réouverture car nos adhérents qui avaient demandé la résiliation de leur abonnement ne sont pas revenus », détaille Robin Rochette. Le groupe ne déplore cependant pas beaucoup de fermetures de salles : « Nous n’avons pas eu de fermeture pendant le Covid, mais un peu après. Une ou deux salles ont fermé au moment de rembourser les PGE (Prêt Garanti par l’Etat, ndlr). »

Pour le groupe, cette période à vide a été l’occasion de se pencher sur le digital et de déployer une nouvelle stratégie sur son image de marque. « Nous avons développé la partie numérique pendant la pandémie, avec des cours en ligne. Mais nous n’avons pas été les seuls. Nous avons mis cela en place pour conserver un lien avec nos adhérents jusqu’à la réouverture. Nous avons gardé ce fil rouge, il est toujours possible de faire du sport à domicile sur l’application grâce à nos vidéos. »

Aujourd’hui, le secteur a le vent en poupe et Keepcool compte 500 000 adhérents pour 300 clubs, toutes marques confondues, dont deux tiers sont en franchise. « Le Covid a été un tremplin pour le renouveau de la marque. Nous avons changé de logo et de visuel, et retravaillé notre stratégie de marque et notre concept. » L’enseigne ambitionne de tripler son nombre de clubs et d’adhérents. « Les salles de sport ont été montrées du doigt pendant le Covid, mais on sait aujourd’hui, avec le recul, que faire du sport, malgré la pandémie, a permis de rester en bonne santé. S’il y avait une nouvelle pandémie, on mettrait tout en œuvre pour rester ouvert. »

BoConcept : digitalisation et nouvelles habitudes d’achat

Les magasins physiques ont particulièrement souffert pendant les confinements successifs, qu’il s’agisse d’enseignes de mode, d’ameublement ou de décoration. BoConcept, une enseigne danoise de mobilier dont le principal marché est la France, s’est rapidement adapté aux circonstances, en développant une boutique virtuelle. « Le choc était rude, d’une journée à l’autre, on ne pouvait plus utiliser les magasins, raconte Lars Hovang, directeur du réseau BoConcept France. Nous avons donc conçu un magasin virtuel, que les clients pouvaient visiter en ligne et interagir avec nos vendeurs (…) C’était un avancement très sophistiqué, développé sur un très court laps de temps. » La boutique virtuelle était accessible dès le mois d’avril, quelques semaines après l’annonce du confinement. « Il fallait qu’on garde un lien avec nos clients », justifie le directeur du réseau.

Avec 36 magasins en France, le réseau se déploie exclusivement en franchise. Pour accompagner ses franchisés et vendeurs, il a mis en place une formation sur « comment travailler à distance. Le magasin virtuel est devenu un lieu où l’employé pouvait travailler, interagir en live. Cela nécessitait une autre manière de travailler. » L’enseigne a également profité de cette période pour revoir certains pans de sa stratégie et diversifier ses fournisseurs. Depuis le Covid, Lars Hovang nous confie que la communication à distance est devenue une habitude qui facilite les échanges avec les franchisés et vendeurs. Finalement, les magasins BoConcept n’ont pas été autant impactés par la crise sanitaire que par celle du logement.

« Sur le marché, nous avons connu un boom en 2021 et 2022, avants d’être touchés par l’augmentation des taux d’intérêt. Les nouvelles constructions sont à un niveau que nous n’avions pas vu depuis 30 ans. Nous sommes moins liés au marché de l’immobilier neuf que les cuisinistes, mais il y a moins de grands projets de la part des clients, c’est certain. » Les modes de consommation ont eux aussi évolué. Le directeur réseau de BoConcept France remarque que les clients sont moins nombreux en magasin, mais que le trafic est plus qualifié. « On estime que 70 % des clients ont déjà sélectionné un meuble en ligne avant d’arriver en magasin. C’est un changement pour le vendeur. » L’enseigne espère atteindre les 50 magasins en France d’ici 3 ans.

Hippopotamus : une restauration réinventée

Le secteur de l’hébergement et de la restauration a été le plus durement touché par la crise en 2020, avec une perte d’activité estimée à -71 % selon l’Insee. Pour résister, l’enseigne Hippopotamus, filiale du groupe Bertrand, a dû miser sur la livraison. « Après une première phase d’inquiétude et d’inconnue, nous avons profité de cette période pour développer la vente à emporter. Nous sommes restés en forte proximité et avons maintenu un lien étroit avec nos directeurs de restaurant et nos partenaires franchisés », raconte Bruno Guinebretière, directeur général d’Hippopotamus.

L’enseigne s’est adaptée aux nouvelles habitudes de consommation, dont le click & collect et la livraison à domicile. « Il y a eu une réduction de l’offre pendant de longs mois, avant de revenir à une offre plus large », poursuit-il. Comme beaucoup d’entrepreneurs, les franchisés Hippopotamus ont sollicité le PGE (Prêt garanti par l’État). « Ils en ont tous bénéficié, ce qui leur a permis de traverser cette période et de rouvrir les restaurants avec sérénité », ajoute Bruno Guinebretière. Le réseau confie avoir assuré une veille sur l’actualité pour informer régulièrement les franchisés de l’évolution de la situation : « Nous les avons également informés des aides auxquelles ils pouvaient prétendre, nous avons travaillé avec eux sur le protocole sanitaire, et préparé l’offre de sortie de crise ».

Depuis, Hippopotamus a évolué dans son fonctionnement en interne, notamment dans la prise en compte du télétravail qui s’est développé : « Les salariés ayant découvert une autre vie pendant le Covid, il a fallu s’adapter davantage à leur souhait de planning. » L’enseigne a également maintenu son offre à emporter et retient de cette situation l’importance de la digitalisation, notamment la mise en place du service de clik & collect. Hippopotamus compte aujourd’hui 104 restaurants, dont 75 % en franchise.

Babychou Services : s’adapter sans s’arrêter

Contrairement à d’autres secteurs, celui des services à la personne ne s’est pas complètement arrêté. En 2020, Babychou Services a ouvert une dizaine d’agences, bien que son activité ait été fortement ralentie. « Il y avait un peu d’activité, notamment chez les soignants et professions en première ligne qui avaient besoin d’un système de garde d’enfant », raconte Claire Lanneau, fondatrice de Babychou Services. Pour nous, l’enjeu a été de maintenir le contrat avec nos intervenants et baby-sitters, et de mettre en place le chômage partiel. »

L’enseigne a néanmoins vu des agences fermées quelques années après le premier confinement, au moment du remboursement du PGE : « Le réseau n’a pas été impacté tout de suite, mais quelques fermetures ont eu lieu dans les deux années qui ont suivi ». Le réseau a organisé régulièrement des réunions en visioconférence avec ses franchisés et a gardé cette habitude depuis 2020. « Nous faisons toujours plein de visioconférences, peut-être trop, plaisante Claire Lanneau. Nous avons maintenant un enjeu de revenir au contact humain. »

Sur la proposition de valeur de Babychou Services, l’offre a peu évolué depuis la pandémie, mais les méthodes de travail ont changé. « Nous sommes plus réactifs, par exemple plus vigilants quant aux changements de planning au dernier moment. Et nous avons aussi optimisé nos prévisions sur le chiffre d’affaires. » Le réseau compte désormais 125 agences, dont 110 en franchise.

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