Nouveauté [Podcast] Les voix de l'entrepreneuriat en franchise
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Cyclable : « Avant de vendre un vélo, il faut satisfaire le client »

Cyclable, réseau pionnier du vélo électrique avec 82 magasins en France et en Suisse (dont 42 franchisés), revendique un positionnement fondé sur le service client 100 % humain et une stratégie de développement maîtrisée. Nommée présidente de l'enseigne en janvier 2025, Carol Geismar, experte du retail au parcours forgé dans des réseaux internationaux (Nestlé, Speedy), livre sa feuille de route.

Pouvez-vous revenir sur l’histoire de Cyclable et ce qui différencie l’enseigne ?

Carol Geismar : Cyclable existe depuis vingt ans. À l’origine, l’enseigne est née de la vision d’un fondateur passionné, dont l’ambition était de créer des cyclistes. Il a ouvert un premier magasin avec une gamme très large, à une époque où le marché était très segmenté. Le réseau s’est rapidement développé en franchise.

Notre ADN est fortement lié à l’innovation. Cyclable a été parmi les premiers à distribuer le vélo électrique en France, et nous avons aussi contribué au développement du vélo cargo, en lançant et en soutenant des marques françaises. Au fil des années, notre positionnement a évolué. Quand on vend plusieurs dizaines de milliers de vélos par an, on ne s’adresse plus seulement à des débutants, on accompagne des pratiques variées. Aujourd’hui, nous parlons du vélo comme d’un art de vivre.

Combien comptez-vous de magasins et quelle est la structure du groupe ?

C.G : Nous avons aujourd’hui 42 magasins franchisés, dont 7 sont en Suisse, et 40 succursales. Le groupe Cyclable s’organise autour de trois piliers commerciaux complémentaires : le réseau de magasins (B2C), qui constitue l’activité la plus visible, Cyclable Entreprises (B2B), dédié au vélo en entreprise, et Ridy, une structure spécialisée dans l’animation et la réparation de vélos sur site, en entreprise, en lien avec les deux autres activités. Le B2B est une composante majeure du groupe. Notre objectif est que ce segment représente 25 % du chiffre d’affaires d’ici deux ans. Le potentiel de ce marché est considérable, et encore largement inexploité.

Cyclable.

Quels services proposez-vous au-delà de la vente ?

C.G : Nous accompagnons toute la vie du vélo : conseil à l’achat, montage, premières révisions, entretien, réparation, service après-vente. La location fait aussi partie de nos services, et elle est naturellement structurante via Cyclable Entreprises, notamment sur la location longue durée.

Nous avons également lancé une offre de seconde main il y a environ deux ans et nous sommes passés de zéro à 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires en environ 18 mois. Mais nous assumons un modèle d’occasion raisonnée. Nous sélectionnons les vélos repris, car nous voulons garantir à nos clients un niveau de qualité et de service conforme à nos standards.

L’Élection du Service Client de l’Année vous a décerné un prix le mois dernier. Quelles sont les clés d’un service client réussi ?

C.G : Le service client reste au cœur de notre culture. Nous avons un service 100 % humain, nous ne passons pas par l’IA. Et surtout, le service client démarre en magasin, avec le recrutement, la formation et l’expertise. Notre ligne directrice est simple : avant de vendre un vélo, il faut satisfaire le client. Cela se traduit par l’écoute, le conseil, mais aussi par la façon de gérer les situations complexes. Sur les cas les plus sensibles, nous privilégions une prise en charge directe et rapide, au téléphone.

Comment jugez-vous l’état du marché en 2025 et vos perspectives ?

C.G : Le marché a connu un pic exceptionnel et atypique en 2020, beaucoup de personnes se sont mises au vélo par contrainte. Le secteur a ensuite traversé des tensions fortes, beaucoup d’acteurs sont aujourd’hui en difficulté. Chez Cyclable, nous avons subi la baisse comme tout le monde, mais avec une régression inférieure à la moyenne du marché, grâce à notre agilité et à une adaptation rapide.

Aujourd’hui, le réseau se situe autour du haut des 60 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pour 2026, nous anticipons une année encore difficile. Les projections sectorielles néanmoins plutôt une reprise plus nette en 2027.

Cyclable.

Quels conseils donnez-vous à un candidat à la franchise aujourd’hui ?

C.G : Dans le contexte actuel, il faut être particulièrement vigilant sur les fondamentaux : loyers, emplacement, surfaces, flux, formation, respect du tronc commun et des gammes recommandées. Notre rôle de franchiseur est justement de cadrer et d’éviter les ouvertures non pérennes. Nous refusons régulièrement des projets lorsqu’ils ne nous semblent pas, ou peu, solides. Notre stratégie d’expansion n’est pas féroce. Ouvrir beaucoup pour fermer ensuite n’a aucun intérêt. Nous privilégions une croissance maîtrisée et durable, avec des franchisés qui vivent bien.

Quelles zones reste-t-il à couvrir ?

C.G : Il reste des opportunités sur le grand quart sud-est, la pointe ouest et une partie de l’est de la France. À terme, avec le business model actuel, un réseau d’un peu plus de 100 magasins en France paraît cohérent. Nous réfléchissons aussi à des évolutions de modèle qui pourraient ouvrir d’autres perspectives. La Suisse fonctionne très bien également, et nous nous réservons la possibilité d’un développement international, d’abord en Europe.

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