Fondé en 1996, Ninkasi a développé un concept hybride autour du triptyque « bière, burger, musique », mêlant production de bières et spiritueux, restauration et programmation culturelle. L’enseigne exploite aujourd’hui 26 établissements en France, en propre et en franchise, et a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 23 millions d’euros (en baisse de 2 % sur un an).
En procédure de sauvegarde depuis le 23 décembre 2025, l’entreprise a détaillé sa situation lors de sa conférence de presse annuelle. « Ninkasi n’est pas une entreprise agonisante qui est en danger, qui risque de disparaître, assure Christophe Fargier, président fondateur de Ninkasi. Cette procédure est un acte de gestion réfléchi. C’est un moyen très utile pour une entreprise de traverser des turbulences. »
Une décision qui fait suite à des investissements conséquents, notamment la construction d’une brasserie-distillerie à Tarare en 2023, pour un montant de 32 millions d’euros. « Aujourd’hui, le développement de l’entreprise ne se fait pas sur un rythme suffisamment rapide pour pouvoir être en capacité d’assumer les échéances de remboursement de cet investissement », précise le fondateur.
Usine Ninkasi située à Tarare. Crédit : Ninkasi.
Des performances contrastées selon les activités
Dans le détail, les performances du groupe apparaissent hétérogènes selon les segments. Si le réseau de bars-restaurants enregistre, au global, une légère baisse de son activité, la distillerie constitue un relais de croissance significatif, avec 68 000 bouteilles vendues et un chiffre d’affaires porté à 774 000 euros, soit un doublement sur un an.
« Le chiffre d’affaires global est de -2 %, mais quand on se compare avec les autres chaînes, le secteur était à –7 % selon le panel Food Service Vision », poursuit-il. Le groupe met ces chiffres sur le compte de son modèle intégré. « Notre modèle, dans lequel on produit et fournit directement nos établissements, permet d’avoir des niveaux de marge qui sont bien meilleurs que le secteur ».
Un développement en franchise temporairement ralenti
Dans ce contexte, Ninkasi ajuste sa stratégie de développement. Le réseau atteindra 26 établissements avec l’ouverture d’un bar-restaurant à Rennes début avril 2026, mais le rythme des ouvertures sera volontairement réduit cette année. Cette prudence s’explique notamment par les conditions de financement des candidats franchisés. « Le franchiseur étant en sauvegarde, cela crée des conditions un peu compliquées pour que nos candidats puissent aller chercher des financements », explique Christophe Fargier.
Si l’enseigne a ainsi fait le choix de ne pas participer au salon Franchise Expo Paris en 2026, la relance du développement est prévue en fin d’année. « On ambitionne de faire le Forum franchise de Lyon à l’automne et le salon de la franchise à Paris début 2027 pour reprendre notre développement. » Plusieurs projets sont d’ores et déjà identifiés, notamment à Rouen et dans l’agglomération d’Annecy, pour des ouvertures envisagées en 2027.
Une stratégie de marque maintenue en GMS
Malgré ce contexte, Ninkasi maintient ses ambitions de développement, notamment en grande distribution. « On va aller chercher 25 % de croissance en GMS cette année, notamment via l’innovation, assure Pauline Schmitt, cheffe de produits chez Ninkasi. Aujourd’hui, si vous regardez les panels Circana, les innovations drainent aussi le chiffre d’affaires des marques nationales en France, en GMS. Nous allons participer à ce mouvement. »
Plusieurs lancements sont prévus, dont de nouveaux formats pack, l’extension de la gamme en canettes, une bière rosée, et de nouvelles références de whiskies.
Crédit : Ninkasi.
À court terme, la priorité du groupe reste donc la stabilisation financière et la restructuration de la dette. Il se projette néanmoins dans l’avenir. « Nous sommes extrêmement confiants sur le fait que nous allons sortir beaucoup plus forts de cette procédure », complète le fondateur de Ninkasi.