Nouveauté [Podcast] Les voix de l'entrepreneuriat en franchise
Se lancer en franchise

Nos conseils pour ouvrir une franchise en Normandie

La Normandie bénéficie d’une position stratégique entre influences maritime et parisienne. Touristique et économiquement attractive, elle possède plusieurs agglomérations et petites villes. C’est ainsi une des régions les plus prisées par les réseaux de franchise.

C’est une remontada digne d’un exploit sportif ! En quatre ans, de 2019 à 2023, la Normandie est passée de la 10e à la 3e place en termes d’intentions d’ouvertures en franchise. « La région a retrouvé son dynamisme d’avant Covid », explique Nicolas Louis-Amédée du cabinet Territoires et Marketing qui publie tous les ans un baromètre sur l’attractivité des villes. Économiquement, le territoire normand va bien, fortement porté par l’agriculture qui couvre 65 % de la zone. D’après les dernières données de l’Insee datant d’octobre 2024, le secteur industriel emploie 200 000 salariés, ce qui place la Normandie au troisième rang métropolitain. Côté géographie, la région s’étend sur 29 900 km² et compte 640 kilomètres de côtes le long de la Manche. Elle est composée de cinq départements : le Calvados, l’Eure, l’Orne, la Seine-Maritime et la Manche, qui totalisent 3,33 millions d’habitants. Ses deux grands ports, Le Havre et Rouen, constituent, via la vallée de la Seine, le débouché de Paris vers le commerce maritime mondial.

Beaucoup de grandes et moyennes villes 

Concernant son attractivité commerciale, la Normandie n’est pas en reste. Composée d’une métropole (Rouen), de deux communautés urbaines (Caen, Le Havre) et de neuf communautés d’agglomérations (Cherbourg, Évreux, Dieppe, Alençon, Saint-Lô…), elle offre un vaste terrain de jeux aux futurs franchisés. « C’est une des particularités de la région, elle compte beaucoup de grandes et moyennes villes », note Nicolas Louis-Amédée. À Rouen, qui compte 110 000 habitants, 550 000 dans la métropole, l’offre commerciale est dynamique. Avec ses 8 kilomètres de rues piétonnes et ses deux centres-villes, l’un sur la rive droite de la Seine (cathédrale, place du Vieux-Marché), l’autre sur la rive gauche (Saint-Sever), les enseignes s’en donnent à cœur joie. Dream Donuts et Bexley se sont installés, en septembre, dans l’hypercentre, respectivement près du Gros Horloge et rue Ganterie. Un magasin Normal ouvrira, pour sa part, début 2025 aux Docks, autre centre commercial de l’agglomération, implanté sur les quais de la rive droite. Starbucks, Krys, mais aussi Chausséa, ont élu domicile dans le centre commercial de Saint-Sever, sur la rive gauche à la rentrée dernière. 

« Nous comptons 3 000 commerces, dont 33 % sont sous enseignes. Nous cherchons toujours de nouvelles locomotives pour animer le centre-ville. Nous misons énormément sur le renouveau du quartier Saint-Sever qui accueillera une nouvelle gare à l’horizon 2030. La ville a d’ailleurs mis en place un droit de préemption commerciale dans le secteur pour pouvoir installer de nouveaux magasins, et notamment des enseignes », analyse Sileymane Sow, adjoint au maire en charge du commerce. À quelques kilomètres de Rouen, plusieurs zones commerciales sont également intéressantes. Notamment celle du bois Cany, à Petit-Quevilly (retail park de 28,3 hectares accueillant 61 enseignes) et celle de Tourville la Rivière (123 enseignes), à la limite d’Évreux et d’Elbeuf.

Le Calvados, terre promise en franchise

Toujours en Seine-Maritime, mais près des côtes, Le Havre s’est bien modernisé. Particulièrement depuis l’ouverture du centre commercial des Docks Vauban en 2009. Avec ses 5,9 millions de visiteurs en 2023, il est devenu une locomotive pour les réseaux, allant jusqu’à attirer les enseignes déjà présentes dans le centre havrais, comme Normal, Action, Quicksilver ou JD Sports. Le Calvados, premier département en termes d’intentions d’ouvertures en franchise, est lui aussi très dynamique. Caen, sa métropole (107 000 habitants, 372 000 avec la périphérie), attire les enseignes de tous horizons. « C’est une ville riche, très CSP+, relativement senior, qui a l’avantage d’être proche de la mer et de profiter de l’attractivité des plages du débarquement », indique Nicolas Louis-Amédée. 

Le centre-ville est bien dimensionné, autour de trois rues platinium : rue Saint-Pierre, rue de Bras et Boulevard du Maréchal-Leclerc. Cette année, Monop‘ y a posé ses pions, avenue du 6 juin. Ainsi que Cuisines Venidom, Bureau Vallée et Perene. La liste des enseignes devrait encore s’allonger. À l’initiative de son maire, Joël Bruneau, la ville s’est dotée d’une « Foncière Commerce » dont l’objectif est de revitaliser l’activité commerciale dans l’hypercentre. Plusieurs artères du cœur de ville, comme la rue Saint-Pierre et la rue de Bernières, ont été identifiées pour accueillir de nouvelles enseignes début 2025. Au-delà du centre-ville, la zone commerciale de Mondeville 2, au sud-est de Caen, n’est pas à négliger. Véritable référence avec ses 225 enseignes, elle est dans le top 10 des zones les plus importantes en France. Un magasin Primark devrait bientôt y ouvrir tandis que Maison 123, Etam et Morgan s’y sont (ré)installés après des phases de travaux. 

44 % des résidences secondaires appartiennent à des Franciliens 

Dans les territoires secondaires, comme Cherbourg, Lisieux, Trouville/Deauville, Évreux, Dieppe ou Alençon, les besoins sont plus diffus. Sur la côte, les enseignes d’alimentation, d’hôtellerie et de restauration sont très présentes, tirées par le tourisme. Au-delà du pic estival et des nombreuses animations (Armada, Fêtes Jeanne d’Arc, plages du débarquement…), la Normandie attire une clientèle parisienne toute l’année. Après la Corse, elle est la deuxième région à compter le plus de résidences secondaires. 44 % appartiennent à des Franciliens, dont 23 % ont un revenu annuel supérieur à 80 000 euros. Activités de bricolage, de réparation/entretien ou de services à la personne y offrent encore du potentiel. « Trouville et Deauville font exception dans le paysage côtier avec des centres-villes très dynamiques et des taux de vacances à moins de 2 %. Les enseignes de prêt-à-porter y sont nombreuses », détaille Nicolas Louis-Amédée. 

Ailleurs, dans les terres et plus en campagne, tout se passe dans les centres commerciaux qui drainent la population locale : la ZAC du Long Buisson près d’Évreux, celles de Carrefour à Alençon, celle du boulevard de l’Est à Cherbourg… Dans ces petites agglomérations, les grosses franchises sont peu nombreuses à s’aventurer et à performer durablement : le Monop’ d’Évreux, ouvert en avril 2023 rue de la Harpe, a été placé en liquidation judiciaire huit mois après son ouverture. Néanmoins, dans tous ces territoires, les activités de services ont une carte à jouer. Homebox (self stockage) et La Maison des Travaux se sont ainsi implantés à Cherbourg au cours de l’année 2024.
TransakAuto a ouvert une agence à Alençon en mai, Sowink (agence de communication) à Bernay, sur la même période.

La campagne, nouvelle cible de réseaux de restauration rapide

Plusieurs ouvertures et initiatives sont à noter dans le paysage rural normand. Particulièrement dans la restauration rapide. En moins de cinq mois, entre juin et octobre, plusieurs réseaux de fast-food ont investi la verte campagne. Burger King a ainsi ouvert un nouveau restaurant à Saint-Marcel, dans l’Eure, près de Vernon. McDonald’s s’est lancé à Condé-en-Normandie (Calvados), en face d’un Super U. Quant à Quick, il s’est installé dans les locaux d’un ancien Five Guys, à Montivilliers, petite agglomération de 15 000 habitants à une quinzaine de kilomètres du Havre. Julien Perret, fondateur de BChef (62 restaurants), a lui aussi choisi le bocage normand pour expérimenter, en mai dernier, un format Drive à Carentan-Les-Marais, petite commune de la Manche. Un choix assumé par le franchiseur qui souhaite tester des zones plus rurales, mais où la demande est forte en termes de nouveautés.

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