La répartition des dépenses se révèle contrastée selon les générations. Les plus de 64 ans ont augmenté leurs dépenses de 8 %, par rapport à 2023, suivis des 55-64 ans avec +6 %, tandis que les moins de 35 ans stagnent. Les plateformes de streaming musical et la fast fashion illustrent parfaitement ce phénomène : la première catégorie bondit de 22 % chez les aînés, alors qu’elle recule de 4 % chez les plus jeunes, et la deuxième grimpe de 28 % chez les 55-64 ans, contre 12 % pour les moins de 25 ans. Le baromètre évoque ainsi « une diffusion des comportements de consommation des plus jeunes auprès des consommateurs plus âgés ».
Les deux grands ressorts pour 2024, selon cette publication, demeurent la quête de bonnes affaires et la volonté de s’évader. Les marketplaces (+22 %), la mode à petit prix (+20 %), les sites de ventes privées (+18 %) et la seconde main (+17 %) profitent d’une recherche accrue d’opportunités. Dans le même temps, le tourisme (+6 %), les loisirs culturels (+20 %), la beauté (+9 %) ou encore les jeux vidéo (+12 %) témoignent d’un besoin de se divertir. Selon Yves Tyrode, directeur général Digital & Payments du Groupe BPCE, « ces nouvelles habitudes peuvent receler des opportunités de croissance pour les commerçants, notamment grâce au e-commerce ».
Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ont également favorisé les lieux de convivialité comme la restauration hors domicile (+3 %) ou les bars (+1 %), l’essor de la restauration rapide atteignant toutefois +5 %. Malgré tout, plusieurs secteurs enregistrent un tassement, à l’image des sites de rencontre (-13 %) ou du prêt-à-porter classique (+1 à +2 %). Myriam Dassa, directrice du Baromètre Digital & Payments, constate en parallèle que « certains secteurs commerçants sont parvenus à se démarquer malgré une deuxième année d’inflation galopante ». Selon le rapport, la maîtrise des prix par la grande distribution traditionnelle a notamment permis de freiner l’avancée du discount.
Sur le terrain de la consommation responsable, on met en avant l’intérêt croissant pour les solutions de paiement et de financement favorisant l’accès à des produits plus durables. « Chez Oney, nous nous mobilisons pour donner aux consommateurs la possibilité de mieux consommer, en accord avec leurs convictions », souligne ainsi Julien Cailleau, directeur général adjoint chargé du B2B chez Oney. L’entreprise plaide pour des outils permettant d’alléger l’effort budgétaire initial et d’encourager l’achat conscient, en associant respect de l’environnement et pouvoir d’achat.
Cette dernière édition du Baromètre Digital & Payments révèle donc une recomposition des comportements d’achat : prudence face aux incertitudes, soif de loisirs et de moments conviviaux, ainsi qu’un engagement progressif dans la consommation responsable. Une série d’éléments qui pourrait inciter les enseignes en franchise à affiner leur positionnement et leurs stratégies de fidélisation afin de maintenir le cap dans un marché où la capacité à innover demeure essentielle.